15 mars 2019

19 Réunionnais reçoivent le Prix Départemental du Mérite 2018 - 2019

les lauréats et les élus du Département sur la scène
les lauréats et les élus du Département sur la scène
le Président du Département Cyrille Melchior prononce son discours le Président du Département Cyrille Melchior prononce son discours

Créé en 2006 par le Conseil départemental dans le cadre de la commémoration du 60ème anniversaire de la départementalisation, le Prix Départemental du Mérite récompense les parcours d’exception, des hommes et des femmes, modèles de courage et exemples d’insertion.

 

A travers ce Prix, la Collectivité souligne les efforts de personnes qui, par leurs actions, contribuent à faire avancer la société réunionnaise

 

Ce vendredi 15 mars, ils sont 19 récipiendaires, 19 femmes et hommes, d’âges et d’horizons différents, à la Villa du Département présents pour recevoir ce prix, des mains du Président du Département, Cyrille Melchior et des élus de la Collectivité. Ce qui réunit ces personnes c’est d’être, par leur parcours de vie, par leur combat mené ou encore par leur engagement personnel, des exemples de courage contribuant à faire avancer la société réunionnaise.

 

« Mettre dans la lumière nos concitoyens d’exception, c’est avant tout marquer leur mérite et les encourager car ils servent d’exemples et doivent donner l’envie à d’autres de s’investir. Cette année, dans sa prospection de citoyens extraordinaires, le Département a visé un  certain nombre de secteurs d’activités dont l’agriculture, l’artisanat, le sport, la culture en accordant une large place au social, mission principale de la Collectivité. Ce soir, je suis très heureux d’honorer ces femmes et ces hommes, ces 19 Réunionnais formidables et de leur décerner ce Prix représenté par un trophée réalisé par l’Atelier du bois de goyavier. Merci et félicitations » a déclaré Cyrille Melchior.

 

Les lauréats

 

Catégorie Agriculture et Forêt

Evelyne ROBERT : Eleveuse, maraîchère, Présidente commission des Agricultrices à la FDSEA

 

Joseph Jacky TECHER : Agent de l’Office National des Forêts (ONF)
Vidéo :

 

Catégorie Artisan

Alix CLAIN : Artisan restaurateur


Vidéo :

 

Laurent ENCATASSAMY : Artisan boulanger

 

Phillipe VIRAYE : Artisan terrassier

 

Catégorie Culture

Sabine THIREL : Plasticienne

 

Catégorie Economie solidaire

Colette DELNARD / FERRERE : Accompagnement dans le foncier

 

Catégorie Nouvelles technologies - accessibilité numérique

Pierre REYNAUD : Expert accessibilité numérique

 

Catégorie Sciences humaines et sociales

Alice PELERIN née RANOROJAONA : Ethno-médecine

 

Catégorie Social/personnes âgées et handicapées

Marie Marcelline CANY-CANIAN : Aidante familiale

 

Christiane RICKMOUNIE : Aidante familiale

 

Rose Marie GERBITH : Aidante Familiale

 

Vivienne ILLA Née DOSITE : Assistante familiale

 

Patrice LOUAISEL : Social/Accompagnement

 

Jeannette RIFOSTA : Social / Accompagnement

 

Moïse LAGARRIGUE : Social / Insertion

 

Catégorie Sport/handisport/Dirigeant

Mohamed  ABDUL MAZUD : Dirigeant handisport

 

Aïcha BOUKIR : Insertion par le sport/Handisport

 

Anita TUREL : Engagement associatif dans le sport

 

Présentation détaillée des lauréats en consultant ce dossier (ouverture d'une nouvelle page internet)

Retranscription textuelle de la vidéo d'actualité :

Commentaire : 

Quel est le point commun entre tous ces visages ? 

Il s’agit de personnes qui font du bien à notre société.  Sélectionnées dans différents domaines, le Département a organisé une soirée protocolaire en leur honneur. 

Musique

Ambiance soirée 

 

Discours Cyrille MELCHIOR, Président Département de La Réunion

C’est votre engagement mais avec le sens de l’humilité.  L’engagement souvent désintéressé. 

 

Commentaire : 

Des personnes peu connues et pourtant, elles réalisent des actions énormes dans leur domaine.  

 

Moïse LAGARRIGUE, Président association « Les Alizés du Cap »  et Sapeur-pompier

 C’est une première pour moi. Depuis que je suis président d’association, depuis 1994, et en tant qu’association sur Terre Sainte qui fait un travail social quand même important. Donc pour moi ce soir c’est important qu’il y ai une reconnaissance. C’est pour ça aussi qu’il y a aussi ma famille et mon équipe qui est là. C’est peut-être ça, l’émotion que vous avez ressenti. 

 

 

Commentaire : 

Le public découvre alors les 19 récipiendaires et souvent, ce qu’ils valorisent en 1er :  c’est la famille.

 

Extraits des remises des prix de la soirée

 

Sans lui, je n’aurais pas été là, c’est mon mari. Merci beaucoup le Département.

Surtout mon épouse qui m’a soutenu dans les taches difficiles que j’avais au niveau de l’entreprise. 

Sans eux, ça n’aurait pas été possible

Cyrille MELCHIOR, Président Département de La Réunion

Et ou la réussi a bat bonne na su la baguette, RIRE, tradition française. APPLAUDISSEMENT

Des engins oui mais surtout des personnes. Comme on l’a vu dans les images pour aller déblayer la route, prendre tous les risques comme on a vu dans le reportage. 

Un monde accessible, un monde où on ne parlera plus de handicap car on pourra se déplacer comme tout le monde. Et on pourra marcher comme tout le monde dans la rue. 

Cyrille MELCHIOR, Président Département de La Réunion

Vous avez entendu comme moi, c’est que, il transmet son savoir.  

 

Extrait vidéo :

Il faut que ou aime ces personnes âgées là, ces personnes handicapées. 

Marie- Marcelline CANY-CANIAN, Aidante familiale

Moi, mi attendais pas que mi mérite mieux que tout le monde mais bon. Moin lé honoré par ce prix. Et mi essaye moin même, d’être patiente, d’être aimante, d’être tout ce que mi peu faire pour les personnes âgées et handicapés adultes. Et toutes les familles d’accueils méritent ce prix. 

 

 

Commentaire :

 Et si un portrait est bien exemplaire, c’est celui du président du comité handisport. Handicapé par la vie mais tellement vrai dans son esprit. 

 

Mohamed ABDUL MAZUD, Président du Comité Régional Handisport

C’est un grand plaisir pour moi d’être honoré, pour représenter les personnes à mobilité réduite dans le Département. 

Extrait du reportage sur Mohamed ABDUL MAZUD

Pour les personnes à mobilité réduite, de réussir, c’est un combat. 

 

Cyrille MELCHIOR, Président du Département de La Réunion

Quand je vois toutes ces personnes qui donnent d’elles même, ça nous rassure. Rien n’est perdu. Il faut continuer à se battre. La société réunionnaise a besoin de nous. Nous vivons sur une belle île avec une belle population. Et bien, de la générosité, il y en a. Et le Département accompagne toutes ces personnes généreuses au service des autres. 

 

Question à Mohamed ABDUL MAZUD , Président du Comité Régional Handisport

Qu’est-ce que vous voulez que l’on retienne ?

Le sourire ! 

Extrait du reportage sur Mohamed ABDUL MAZUD

Oui, je valide. 

La vie est toujours belle si on regarde bien mais c’est nous qui la compliquons la vie. 

Applaudissements pendant le générique de fin

 

Département de La Réunion / 974TV © mars 2019

Un reportage d’Alexandre GILLES

 

Retranscription textuelle des vidéos :

Portrait de Aïcha BOUKIR :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

[Musique]

 

Donc je m'appelle Aïcha Boukir, je suis directrice adjointe du pôle d'établissements médico-sociaux Edmond Albius, géré par L’ALEFPA (l'Association Laïque pour l'Éducation la Formation la Prévention et l'Autonomie).

 

« Engagée dans le bénévolat »

 

En plus de mon métier en fait, de directrice adjointe, j’anime un groupe de sportifs depuis 2013. Donc ce groupe de sportifs ce sont des sportifs en situation de handicap. Et là l'idée c'était de permettre à ces personnes de pouvoir accéder à une pratique de haut niveau, puisque là il s'agit de trail et de course à pied, voir de marathon, donc là on est dans du sport de haut niveau. Et en plus d'y avoir accès comme tout le monde, c'est à dire sans étiquette, sans être stigmatisé, sans être dans une catégorie handicap. ce projet on l’a appelé « Nous court comme zot », nous courons comme vous en créole réunionnais.

Donc c'est un projet qui repose sur un groupe de bénévoles, et là tout le monde court, tout le monde, même moi je cours. Il y a de plus en plus de personnes qui sont attirées par ce projet là et qui ont envie de courir, et puis celles qui sont déjà dans le projet ont envie de continuer à faire le tour du monde en courant en fait, c'était ça le truc c'était ça. Donc c'est aussi découvrir des personnes qui ne parlent pas du tout la même langue que nous, découvrir des monnaies qui sont différentes. En terme de découvertes c'est, c'est des choses qu’ils ne pourraient pas faire dans un autre cadre quoi, c'est vraiment découvrir notre pays et en même temps améliorer ses compétences sportives, améliorer ses compétences sociales

 

« Un trait de caractère »

 

Il faut que je sois toujours occupé et il faut toujours, il faut que je m'éclate dans ce que je fais enfin, voilà je suis quelqu'un d'extrêmement dynamique.

 

« Que souhaiter pour l’avenir »

 

Et ce que j'aimerais c'est que tous les enfants aillent à l'école avec les autres enfants, que les personnes en situation de handicap puissent travailler comme les autres personnes dans le milieu ordinaire et pas dans un milieu ségrégué comme le nôtre, enfin c'est une vision idéaliste, mais ce que j'aimerais dans l'avenir c'est ça.

 

 

Réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Marcelline CANY-CANIAN :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

[Musique]

 

Cany-Canian Marcelline, mwin lé famille d'accueil depuis 18 ans.

 

« Accueillante familiale, une vocation »

 

Il faut que ou aime ces personnes âgées là ou ces personnes handicapées, parce que si, essaye pas de faire semblant d'aimer, y passe pas, y passe pas. Lé vré lé pas menteur, ma toujours aime les personnes âgées, parce que quand mi parté l’école mi passé chez certaines grand-mères mi parté cherche deux ti seaux d’l’eau pou zot, parce que fallé monter l'escalier, et puis après mi té recourt la case vitement. Non ma toujours aimé les personnes âgées et, lé pas difficiles d'aime à zot. Y faut comprendre à zot, faut prendre un temple pou discute avec zot.

 

« Une qualité : la patience »

 

Même quand les accueillis zot lé pas bien, zot y appelle à ou chaque instant, il faut ou reste calme, il faut que ou lé là pou zot. Parce que ou comprend que lé pas toujours facile pou zot, donc il faut de temps en temps même si zot la pas trop besoin de vous mais y faut zot y voit à ou. Mais un moment donné il faut ou prend un temps aussi, surtout sak lé alités, pour aller faire un petit peu d'accompagnement, ou comprend quoi mi veut dire à ou ? assir un petit peu avec zot, discute un petit peu avec zot, même si y raconte à ou les mêmes choses tout le temps lé pas grave.

Il faut que zot y garde le ti peu d’autonomie que zot nana le plus longtemps possible. Lé plus facile à mwin de dire ma fé mange à ou comme ça y sali pas. Mais il vaut mieux si zot y peut manger même si y sali un ti peu, y vaut mieux ou laisse à zot. Parce que sak zot nana encore aujourd'hui demain zot na pu, c’est pas comme un enfant qui demain na, c'est pas le contraire ou voit. Si mi tire ça aujourd'hui demain y vient plus.

 

« Une amélioration pour l’avenir ? »

 

On a besoin des gens comme vous pour faire ce travail, pour occuper des personnes âgées. Mi dis ben mi lé d’accord mais pourquoi nout’ travail lé pas reconnu. Pourquoi nou na pas le droit à l'assedic, y cotise pas à l'assedic pour nous. Si une famille d'accueil elle est malade, le temps qu’elle travaille pas ben elle a rien du tout. Les mêmes droits que les autres travailleurs et pour l'instant ben nou lé pas reconnu et sa mi comprends pas pourquoi.

 

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Alix CLAIN :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

[Musique]

 

Bonjour Clain Alix, né le 26/06/60, aujourd'hui j’ai 58 ans, j'ai mon restaurant qui s'appelle « le vieux créole ».

 

« Un restaurant à vocation traditionnel »

 

Je suis rentré dans la cuisine par, je ne dirais pas par envie, c'est par obligation. Parce que j'avais besoin de sous. Comme les parents n’avaient pas beaucoup de sous, donc je suis rentré comme aide cuisinier dans un restaurant. Et aujourd'hui depuis cinq ans j'ai mon restaurant « le vieux créole ». J'adore de travailler avec les des produits anciens, comme lontan, comme faisaient nos grand-mères nos grand-pères. Je travaille des produits frais déjà. Mon carri poulet vous avez bien remarqué que c’est avec pates, tête, gesier, cœur, tout. Je fais des rougails lontan qu’on trouve plus maintenant, mon rougail serviette, rougail serviette c’est un rougail morue grillé, rougail patole…

 

« Un trait de caractère ? »

 

Je suis quelqu'un de dur, et facile à vivre. Dure parce que j'aime bien mon travail bien fait, j'aime bien mon travail sans gaspillage. Ben le côté tendre c’est que j'arrive avec eux je dis, ah c’est super, c'est bien, c'est formidable, eux ils adorent ça.

 

« L’avenir dans la restauration ? »

 

Moi mon but aujourd'hui c'est de former les bonhommes, quand les bonhommes arrivent chez moi ils ne savent pas cuisiner. Et ils sont contents d’apprendre ma cuisine parce que, ils sentent que c'est une cuisine raffinée, une cuisine longtemps comme je vous ai dit tout à l'heure.

[rires]

Le chapeau c’est ma marque de fabrique, le vieux créole !

 

 

Réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Colette DELNARD :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

[Musique]

 

Je m'appelle Colette Delnard, j'ai 53 ans, et je suis consultante administrative principalement dans le domaine foncier.

 

« Pourquoi cette activité ? »

 

Aider les gens c'est ce que j'aime le plus au monde. Voilà, ça fait partie de mon caractère, des valeurs de la vie. Beaucoup de personnes se trouvent confrontées à des situations difficiles. Ils ne savent pas où s'orienter, ils savent pas vers qui aller, ils sont totalement perdus. Toutes les personnes qui sont dans un besoin foncier, dans un projet foncier, papa maman qui sont propriétaires qui veulent faire une donation à leurs enfants, parents décédés, donc drame psychologique, on est déstabilisé, désorientés, on ne sait pas comment faire. Et ben moi avec plaisir je souhaite accompagner ces gens-là dans ces moments difficiles de la vie, il y a déjà dans les familles, malheureusement très souvent des conflits, moi je suis là j'ai aussi un rôle de médiatrice. Je construis des ponts entre les gens.

 

« L’engagement, c’est indispensable »

 

Pourquoi engagement ? Parce que quand vous avez, vous vous lancez dans l'histoire d'une famille, quand vous demandez à une famille qui s'approche de vous et qui a besoin de vos services de vous témoigner de la confiance, se dire c'est pas une petite affaire. C'est d'emblée créer un climat de confiance et montrer à votre client que, à travers ce débat de confiance nous démarrons un travail ensemble et nous irons jusqu'au bout.

 

« Un souhait pour l’avenir ? »

 

Que la population réunionnaise qui ne me connaît pas encore puisse me solliciter, pour que j'aie les moyens d'aider encore plus de gens. Je suis capable, et j'en ai envie.

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Laurent ENCATASSAMY :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

[Musique]

 

Je m'appelle Laurent Encatassamy, je suis boulanger au Guillaume Saint-Paul. Récemment j'ai été titré à la meilleure baguette de tradition française, tout juste à 25 ans.

 

« Boulanger, c’est comme la baguette, une « tradition » familiale »

 

J'étais au lycée Evariste de Parny, j'ai passé mon bac général, et ensuite après avoir obtenu mon bac général mon père m'a poussé à être boulanger. Du coup je me suis renseigné, je me suis inscrit au CAP à l’URMA de Sainte-Clotilde.

 

« 16 mai 2018, Prix de la Meilleure Baguette de Tradition Française »

 

Moi tout jeune, d'arriver dans ce milieu, c'était sûr que c'était quand même quelque chose. Et ensuite j'ai, justement je me suis dit je suis passionné, je suis artisan, donc je vais faire ce que j'ai l'habitude de faire, et j'essaierai de sortir le plus beau produit la compétition. Pour moi ma baguette ben elle a été la meilleure parce que esthétiquement déjà c'était la plus belle. Ensuite à l'intérieur de la baguette aussi c'était bien aéré, bien calibrée, d’une mie bien grasse bien jaune, et c'est sûr que ça a bien plu au jury.

 

« Une qualité : la curiosité »

 

Curieux parce que dès que je vois quelque chose qui me tape à l'œil, ou qui m'intéresse, ben ça me titille de rechercher un peu plus comment elle est faite, ou bien pourquoi c'est comme ça et pourquoi c'est pas comme ça. Donc j'aime bien en fait me poser plein de questions sur les choses qui m'intrigue.

 

« Et l’avenir ? »

 

Le message pour moi ce serait que, ben d’oser, parce que La Réunion justement je trouve que on a des jeunes qui enfin, on a une minorité de jeunes qui osent, mais on a pas mal de jeunes qui sont très bons mais le problème c'est que ils n’osent pas parce qu'on est loin de tout. Et ben moi, c'est surtout d'oser, c’est ce mot là qui me tient à cœur. Parce qu'on sait qu'à La Réunion il y a de très bons pros.

 

Réalisation : Mickael CUVELIER

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Rose-Marie GERBITH :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

[Musique]

 

C'est madame Gerbith Rose-Marie, 66 ans, et je suis famille d'accueil, bientôt 17 ans.

 

« Plus qu’un métier, une passion »

 

j'ai la passion, la passion de faire ce travail, parce que j'ai vécu avec mes parents, et mes parents ils sont décédés avec moi, ils habitaient dans la même maison. Et après la mort de ma mère donc j'ai dit, j'ai dit à mon mari que si je pouvais trouver quelqu'un pour continuer ce travail que je fais avec mes parents, et ben j'aurais été contente. Et je crois que le ciel m’a écouté.

 

« Les qualités indispensables pour ce métier ? »

 

Ben la patience. Parce que si, dans ce métier si on n'a pas la patience on ne le fait pas. Parce que si on n'a pas la patience, et on n’a pas l’amour, et on n’est pas dévoué, c’est trois choses qui, qui marchent ensemble je dirais. Et surtout de la tendresse, de la tendresse dans les gestes. Parce que ça fait du bien des fois quand on entend une vieille personne vous dire, voilà mon rayon de soleil qui arrive. Ou bien quand on fait des gestes de soins, quand on met de la pommade par exemple sur le visage d'une mamie, elle vous dit bon ben écoute ça fait longtemps que je n'ai pas eu une caresse. Et pourtant ce n'est que des soins. Moi je crois que ça leur fait du bien mais, je donne, mais je crois que je reçois plus que je donne.

 

« Un souhait pour l’avenir ? »

 

De voir un peu ces gens-là un peu plus épanouie. D'avoir des personnes qui peut continuer à leur donner de la tendresse, de l'amour. Parce qu'ils n'ont pas besoin de grand-chose eux, que de l’amour, que de la tendresse et de l'attention. Et surtout être à l'écoute, être à l'écoute de ces gens-là.

[rires]

J'arrive pas à sourire, je ris.

 

Réalisation : Alexandre RIVIERE

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Vivienne ILLA :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Madame ILLA Vivienne, assistante familiale de Bras Panon.

M.Clain y disait, madame Illa, l'adoption zot lé encore trop jeune. Nous place zenfants chez ou mais ou va travaille. Quand ou sera en âge pour adopter nou va dit à ou. Nou la di oui. C'est comme ça ma commence travaille assistant maternel, et quand même nou la adopté les deux hein, oui oui nou la adopté les deux en 83. Le métier là intéresse a mwin par rapport mon jeune age ma la commencé a travaille avec les enfants. Et puis avant travailler mwin meme ma été nénène mon ti frère et ma tite sœur. Tout le monde y pensait quand not’ deux Jonas té amoureux tout le monde y pensait té mes enfants quoi. 22 enfants la été placés chez mwin. Y faisait 5 ans, 6 ans, 3 ans…

 

« Sa plus grande qualité, l’instinct maternel »

 

Voilà ma na l’instinct maternel. Et jusqu’à maintenant hein, même les petits enfants lé pareil hein. Et puis mwin mi discute avec marmailles hein. Comme ma donne l’éducation mes enfants, mi té donne bana pareil. Tous les enfants placés ici y appelait mon ban frères et sœurs, tatie, tonton, papa, pépé ah oui oui. Y fé partie de la famille. Ma la pas travaller pou nir riche mais ma rende les enfants heureux. Franchement ma té fière mon métier, oui.

 

« Et l’avenir ? »

 

Ah mon avenir maintenant c’est voyager et occupe mes petits enfants. Comme ma la soigne beaucoup sat les autres, maintenant mi, mi emprofite un peu de la mienne aster. Le soir quand y arrive nout’ deux y tout seuls là, alors mi fé : « la nou lé joli, nout’ deux pareil deux vieux couillons » (rires) lé vré na fine habitué, na fine habitué. Ma continué, d’après mwin va mort comme ça même.

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Moïse LAGARRIGUE :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Bonjour, Moïse Lagarrigue, sapeurs-pompiers à saint pierre depuis 1990. A côté de ça je suis président de l'association « Alizée du cap » qui est située à Terre-Sainte.

 

« Un trait de caractère : la sensibilité »

 

Ma lé très sensible sur la, la pauvreté, sur l'inaccessibilité, pour des familles de mon quartier par exemple, néna beaucoup de choses que bana na point. Surtout les enfants, surtout les enfants, les jeunes filles qui accouchent des enfants, ils sont encore à l'école, et eux-mêmes sont encore des enfants donc la transmission de l'amour à l'enfant c'est quelque chose d'important. Et donc nous notre objectif à nous c’est justement de mettre des actions en place qui, la fonction parentale, expliquer à un parent ben comment, comment donner l’amour à son enfant, comment donner l'éducation à son enfant.

 

«  Une mission, sauver des vies. »

 

Je suis père de famille j’ai 5 enfants. Dans les années 2000 on a été appelé en intervention en tant que professionnel sapeurs-pompiers, et on a été appelé pour un pleur de bébé. C'était au pied d’une église à Saint-Pierre, et là on arrive on rouvre un petit sac, on découvre un nouveau-né tout le corps maculé de sang, encore avec le cordon ombilical tout. Donc ça ça m'a marqué parce que je suis quelqu’un de très sensible au sujet des enfants. Donc ça ça m’a marqué une intervention pareille. Et nous à l'époque on n'avait pas de filles à la maison, on n'avait que des garçons. Donc on s’est dit tiens voilà, c'est l'occasion on va avoir une fille et il m'est passée l'idée de dire ben on va adopter cet enfant. Donc elle est devenue notre fille, aujourd'hui elle a 18 ans. D'ailleurs elle est en contrat civique chez nous à l'association Alizée du cap.

 

«  Et pour l’avenir ? »

 

Les associations ne sont pas assez prises en compte dans le travail social, culturel et sportif que les associations facent. On est mélangé comme toutes les entreprises. Et souvent les associations ne réussissent pas pour ça, parce que on est taxé parce que on a payé en retard, tout en sachant qu’on dépend des subventions. Je pense qu'on devrait donner un peu plus de liberté, et distinguer les associations du secteur non marchand et les associations secteur marchand et les entreprises.

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Patrice LOUAISEL :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Je m’appelle Patrice Louaisel, je suis président de l'association « SOS Gramounes isolés ».

 

« Lutter contre la solitude des personnes âgées »

 

L'objectif c'est d'aider à rompre la solitude et l'isolement des personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses sur l'île, et de plus en plus en solitude. Donc nous avions commencé par un accueil à Noël et à la fête des mères, dans des familles réunionnaises, quand ils n'étaient pas invités par leur famille. On a continué par des visites, des sorties, de la conversation téléphonique. Et depuis deux ans la cohabitation solidaire, où sur le principe, une personne âgée offre une chambre avec accès cuisine, salle de bain, à une dames de compagnie entre parenthèses, entre guillemets, contre simplement deux heures de conversation en soirée, et présence de nuit en semaine.

 

« Les qualités nécessaires pour cette mission ? »

 

Sérieux et compassion. Heu ça démarre de problèmes souvent un peu personnels. C’est ça qui donne la foi et la conviction. Heu bon l’isolement par rapport à ma famille, par rapport à mes enfants. C'est toujours très difficile à vivre. J'ai toujours été proche des plus démunis, des gens les plus en difficulté.

 

« Pour plus de solidarité envers les personnes en voie de dépendance »

 

Tant qu'ils vont bien, pas de problème, ils vont danser, s'amuser, et ça va très bien. Quand ils ne vont plus c’est les maisons de retraite et souvent, la fin j'allais dire. Entre les deux il y a toute cette, ce passage où on entre en dépendance, où on marche moins bien, on voit moins bien, et où là, il y a un grand désert. C'est pour ça qu'on a monté « Gramounes isolés ». Et donc ce qu'on souhaiterait, notamment sur la cohabitation solidaire, que des personnes qui les accompagnent, puisse avoir une petite indemnité, une petite allocation de 300 à 600 euros. Je pense que ça c'est très important, il faut que ça puisse monter au plus haut niveau.

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Mazud MOHAMED :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Mohamed Mazud, Président du Comité Régional Handisport de La Réunion.

 

« Le sport, une passion »

 

Depuis mon enfance j’ai toujours été sur un terrain de foot. J’ai participé à plusieurs tournois de football. Je suivais la coupe du monde.

 

Annick Amacoutysidat :

Alors passionné par le foot, monsieur mazud ne rate jamais une coupe du monde, que ce soit au brésil, en Australie, en métropole, il y est, il se déplace.

 

Mohamed Mazud :

Dernièrement je suis parti en Russie, même au Brésil.

 

Annick Amacoutysidat :

Il est parti en Russie dernièrement, lors des derniers matchs. Et aussi ben heu, il a un club qui fait du sport, handisport. Et même à la réunion hein, il suit les matchs de foot, il se déplace pour la Saint-Pierroise, passionnés et suporter de la Saint-Pierroise (rires).

 

« Une de ses principales qualités »

 

Mohamed Mazud :

Un battant. Je vis en couple, j’ai 3 fils qui sont grands, qui travaillent bien à l’école. Pour moi j’ai réussi. Pour une personne à mobilité réduite, de réussir c’est un combat.

 

Annick Amacoutysidat :

Battant aussi parce que monsieur Masud a toujours aimé mener des projets. Il a fait d'abord de l'activité athlétisme, après il a fait de la boccia, il se donne toujours pour son club, il fait toujours des actions.

 

Mohamed Mazud :

J’aime voir les choses évoluer, j’aime bouger, faire bouger les choses.

 

Annick Amacoutysidat :

Il vit comme un valide quoi. Il mène un combat phénoménal pour le Comité Régional Handisport, pour son association, pour toutes les personnes handicapées de son club, voilà, un battant pour moi c'est ça.

 

« Pour un avenir meilleur »

 

Annick Amacoutysidat :

Un monde meilleur, bien sur la paix, et aussi que on puisse avoir l’accessibilité et la pratique du sport pour tout ce qui est axé sur la personne handicapé.

 

Alexandre Rivière, journaliste :

Ou valide monsieur Mazud ?

 

Mohamed Mazud :

Oui mi valide !

La vie est toujours belle si on regarde bien mais, c’est nous, c’est nous qui la compliquons la vie.

 

 

Réalisation : Alexandre RIVIERE

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Alice PELERIN :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

Je m'appelle Alice Ranorojaona-Pèlerin, j'ai 61 ans, je suis marié, j'ai deux enfants et un petit fils. Et je suis médecin généraliste, mais je suis aussi éthno-médecin, victimologue, et anthropologue.

 

« Une spécialité, l’éthno-médecine »

 

C’est une nouvelle forme de médecine centrée sur l'humain. Parce que je considère qu'il y a deux parties dans la maladie, il y a une partie organique qui concerne la médecine, et il y a une partie qui concerne la personne, qui concerne le lien est le symbole. Et donc c'est une démarche que j'ai mis au point à partir de ma propre culture, pour mettre chaque personne au volant de sa vie, de son histoire, et de sa santé. Elle s'appelle gzour ?-thérapie. En fait il s'agit que la personne s'approprie sa capacité à remettre en ordre ses émotions, et son histoire, ses liens familiaux, ces liens sociaux, parce qu'on est souvent malade de son histoire.

 

« Votre principale qualité ? »

 

C’est beaucoup demander ! Je pense c'est la persévérance. Quand j'ai une idée, et quand je mets un projet en route je me dis qu'un projet c'est fait pour arriver jusqu'au bout, et donc je le mène jusqu'au bout. Une autre ? c'est peut-être d'être authentique. Authentique c'est à dire que je suis fidèle à ce que je me suis fixée, et je ne peux pas me renier, me contredire, être dans l’incohérence, c'est compliqué.

 

« Le message que vous aimeriez porter ? »

 

Toutes nos épreuves nous apporte des leçons de vie. Et que à un moment donné, elle s’accompagne souvent de souffrance, un moment donné il faut trouver cette leçon de vie, pour pouvoir lâcher la souffrance et avancer vers d'autres choses, parce que notre vie est promise à de très belles choses. Je me dis que la Terre est ma maison et les humains c’est ma famille. Donc voilà, c’est en ces termes-là.

 

 

Réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

PRIX DU MÉRITE 2018

Portrait de Pierre REYNAUD

 

[Musique]

 

Je suis donc Pierre REYNAUD, président fondateur du comité Valentin Haüy de La Réunion et l'Océan Indien, indiens, qui est l'antenne régionale de l'association Valentin Haüy. 

 

La plus ancienne et la plus grosse association au service des personnes aveugles et malvoyantes. 

 

« L’action de l’association « Valentin Haüy » »

 

La déficience visuelle, la mal voyance ou la cécité isolent les personnes et notre volonté nous, c'est de rompre cet isolement à travers des actions de loisirs, de détente. Comme des balades, des randonnées, des activités touristiques et de détente. Mais aussi toute une action au niveau de la lecture, de la promotion de la lecture audio pour les publics empêchés. Des actions de représentation et de défense des intérêts des personnes aveugles et malvoyantes au sein de différentes instances collectives.

 

« Comment te caractériser ? »

Curieux et volontaire 

 

Curieux parce que j'aime beaucoup apprendre, j'aime rencontrer du monde, j'aime découvrir de nouvelles choses. Et volontaire parce que je pense être assez volontaire justement pour, pour monter des projets, pour aller vers l'autre et aller vers de nouvelles aventures, de nouveaux projets. Que ce soit des projets personnels, associatifs ou professionnels. 

 

« L’importance du numérique »

Moi, personnellement en tant qu’aveugle, j'ai connu l'avant et l'après numérique. Et le numérique m'a fait, faire un bond de géant dans, en termes de gain, en autonomie, m'a ouvert des portes extraordinaires.

 

Je suis responsable d'un espace, la CECIBASE du Conseil Départemental à Saint Pierre, qui a en charge, l'inclusion numérique de public éloigné du numérique, que sont les personnes aveugles et malvoyantes. Et parallèlement, j'ai toujours travaillé dans l'accessibilité numérique, c'est-à-dire, comment faire en, que le numérique soit accessible à tous.

 

« Un rêve pour l’avenir ?»

 

Mon rêve pour l'avenir, c'est un monde accessible. C'est un monde où, je puisse de plus en plus accéder à des services, quels qu'ils soient. Que ce soit des services numériques ou autres, une accessibilité universelle.

 

Voilà mon rêve

 

[Musique]

 

Réalisation : Alexandre RIVIERE

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Christiane RICKMOUNIE :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Je suis madame Rickmounie Christiane, j'ai 61 ans, et je suis famille d’accueil depuis 12 ans.

 

« D’un tempérament courageux »

 

Mon mari a été malade pendant un an. Suite à sa maladie, très longue, amputation de la jambe, hospitalisation à domicile, c'était vraiment très dur très dur à supporter pour mes enfants et moi. Mais on est arrivé, l’hospitalisation à domicile nous a aidé puisqu’il était à la maison. C'était presque nous qui s’occupait de lui. Par la suite j'ai soigné ma mère, et c'est après ça j'ai décidé d'être famille d'accueil.

 

« Le plus important, être patiente et à l’écoute »

 

Patiente parce que avec ces personnes âges il faut être attentif, à l’écoute. De temps en temps ils vous appellent, c'est pour rien, c’est rien que pour vous voir, mais il faut aller les voir, de temps en temps, discuter avec eux.

Ou lé un peu mieux non ? la main ? y tremble moins ?

Je reçois les personnes âgées chez moi, mais ils sont libres, ils peuvent faire, pas ce qu'ils veulent mais, du moins s'ils ont besoin de sortir, ils sont pas enfermés chez nous, c'est pas une prison. Il peuvent recevoir de la famille, des amis. C'est comme s'ils vivaient avec nous. Ce monsieur est chez moi, ça fait déjà 10 ans.

 

 

Réalisation : Alexandre RIVIERE

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Jeannette RIFOSTA :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

Bonjour mi appelle Rifosta Jeannette Ablancourt, dit Caffrine. Donc ma lé bénévole, ma toujours été bénévole. Et actuellement ma lé dans l'association « les orchidées » à la Ravine-des-cabris depuis une trentaine d'années.

 

« L’association « Les Orchidées » ? »

 

Cette association là c'est heu, une association personnes âgées, intergénérationnelles. Le plus jeune néna 80 ans et le plus vieux néna 5 ans hein ! Parce que ma trouvé y avait quand même une injustice quelque part, par rapport à nos aînés. Donc mi occupe tout ce qui est culturel, et autres. Autres, à savoir, accompagnement, l’entraide et la solidarité au niveau des personnes âgées, et la défense de la culture réunionnaise.

 

[Musique, chants créoles]

 

« Une qualité : Bienveillante »

 

Bienveillante parce que quelqu’un la pokor crie l’assassin mwin lé là, et bana y conné oussa mi lé. Donc mi accompagne les gens, surtout les personnes âgées, dans toutes leurs démarches, administratives, maladie…  parce que mi occupe à mwin des personnes que na le cancer, parkinson, alzheimer, mi di pas ou toute la panoplie quoi hein. Et même mi donne à zot les denrées. Donc mi sa chercher et mi donne à zot. Et si na un soucis zot y conné oussa Jeannette y lé. Et le mot le plus fort, le respect. Sans respect nous sava nulle part. C'est comme un arbre sans racines y tient pas debout. Donc y veut tout dire pou mwin. Commence depuis maintenant et ça va aller très bien.

 

« Un message pour notre jeunesse ? »

 

Marmaille, oublie pas d'où zot y sorte, la tradition. Comment on veut avancer dans la vie si ou conné pas oussa ou sorte. Ce que mi veut qui change ? c'est que à l'école, di a zot La Réunion c’est où, quoi, comment. Français être fier hein, fier d'être français. Mais qui lé venu à La Réunion ? Quoi néna comme tradition ? Si ma lé marron, pourquoi ma lé marron ?

 

Boucané ! Saucisse ! …quel boucané !

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Evelyne ROBERT :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

Donc Evelyne Robert, heu ben ma na 44 ans, mi habite au Bois-Court à la plaine des cafres, et moin lé agricultrice depuis 2004, et puis présidente de la commission des agricultrices au sein de la FDSEA depuis à peu près deux ans.

 

« Agricultrice, un métier pas facile »

 

C'était un parcours très, très difficile. Parce que moi ce que ma la rencontré principalement sur mon exploitation, c'est surtout des problèmes fonciers. Et le coup de main que moin la eu c'est de part la FDSEA. C'est un syndicat agricole qui défend, ben les agriculteurs, les agricultrices, et est donc ma la été élue à ce moment-là présidente de la commission des agricultrices. Et comme mi dit toujours nous lé jamais par hasard à un endroit. Mon expérience va apporter aux autres dames qui peut rencontrer ces mêmes difficultés, ben accompagne à zot. Dire ben écoute fait comme ça, fait comme si. Heu en tant que femmes nous na notre place. Mon objectif à moin su mon exploitation c’est vraiment faire un produit de qualité. Mes animaux lé en air libre tout le long de l’année, et mi diversifie aussi un ti peu sur l'exploitation avec du maraîchage. Sur l'exploitation ben mi garde le fumier de mes animaux. Mi dis pas que mi fé de l’agriculture biologique mais mi fé de l’agriculture raisonnée.

 

« Les qualités indispensables pour être agricultrice ? »

 

Mi pourrait qualifie à moin de personne courageuse, et persévérante dans ce que mi fé. Si ma navé point de courage pour arriver oussa mi lé aujourd’hui moin noré largué. Persévérante, parce que dans la vie, si vi dit que vi arrête, peut-être demain, vi traine toute out vie derrière ou parce que vi dit ben, peut-être bien que si m'avais continué, peut-être bien que si… non, moin si mi prend un cap et que mi pense que ce que mi défend lé légitime, mi sava jusqu’au bout.

 

« Et l’avenir dans ce domaine ? »

 

Sauvegarder justement les terres pour que nous puisse travailler. Et surtout mettre à disposition ben les terres que les gens y serve pas. Pour sauver ce que nous amène dans les assiettes réunionnaises. C’est à dire il faut que les politiques, et mi connais que le Département y travaille beaucoup là-dessus, c'est promouvoir le produit local. Si nous arrive à faire ça et bien l’agriculture réunionnaise ben mi pense que y, néna encore pou un bon moment quoi hein.

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Jacky TECHER :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Jacky Técher, ouvrier forestier, débuté à l’ONF en 1978, sur fond de chômage.

 

« A l’époque, des conditions de travail particulières »

 

Bah déjà moi mon travail c'était sylviculteurs polyvalent, donc on faisait la réalisation des sentiers, les aires de pique-nique, du bucheronnage, la petite maçonnerie et tous les travaux qui touchent à l'équipement des sites touristiques. On a réalisé les sentiers qui part de la Ravine Bras-Sec au Piton Rouge, de Piton Rouge à Petit Bénard, de Petit Bénard à Grand Bénard, une partie aussi Piton Rouge - la glacière. On travaillait avec une équipe de huit ou neuf ouvriers, on dormait sous les grottes de la fontaine dite caverne, dans notre jargon à nous. C'était bien, c'était la belle époque. On partait le lundi, on était hébergé sur place dans les conditions que je viens de citer, et on retournait à la maison le vendredi. Le moyen de locomotion c'était le personnel, et le paquet sur le dos. Le soir lorsque la journée de travail était terminée, ben les gens se retrouvaient et on jouait une petite belote sous la caverne, avant de prendre le matelas pour dormir dessus.

 

« Que dire sur votre personnalité ? »

 

Je suis à la recherche d'une conciliation. Je suis pas de nature non plus à laisser marcher sur mes pieds pour la bonne cause et de l'intérêt général. Je suis l'interlocuteur privilégié en qualité de représentant du personnel, et cela depuis 37 ans maintenant. Je suis conseiller prud'homal et administrateur à la caisse d'allocations familiales, et depuis je suis aussi un représentant au niveau national pour le personnel de l'office national des forêts.

 

« Que souhaiter pour le futur ? »

 

C'est de redonné à l’ONF la place qu’elle avait à une époque en qualité de main d'œuvre. On traverse une période de baisse des effectifs, qui est voulue par le gouvernement. L’avenir des ouvriers forestiers risque de disparaître. Que l’ONF reprenne sa place, et que le maximum des travaux soient réalisés en régie.

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Portrait de Philippe VIRAYE :

 

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Voilà mi présente à moin, Viraye Philippe, terrassier de Salazie. J’interviens après les UTR quand ils m’appellent le soir, la nuit, la journée. Et j’interviens pour les bazardiers aussi, à chaque fois y a des éboulis.

 

« Terrassier à Salazie, un métier à risque ! »

 

Ben oui on a eu un gros éboulis y a pas mal, enfin, depuis le cyclone Clothilda mi crois, en hant là, Bras Citronniers. C’est ça le cyclone té un peu, enfin l’éboulis té un peu plus dangereux. C’est sorti en haut la falaise et la descendu sur la route. On est intervenu à 2h du matin, surtout pour, c’est toujours pour les bazardiers hein. Parce que lété bloqué sur la route de Salazie. On est venu et on a dégagé la route.

 

Emmanuel Richard (journaliste) : Lé assez dangereux ce métier là !?

 

Philippe Viraye :

Oui assez assez, sutout la nuit, la nuit. La nuit on voit, on voit pas lé galets y sorte en haut su la falaise, on est en train de travailler dessous, les galets risquent de tomber. Ben oui on risque notre vie hein. On n’a pas le choix, obligé fé comme ça.

 

« Les qualités requises pour ce métier ? »

 

Ben faut ou na le courage, faut ou na le courage de faire ça. Quand on arrive on attend pas trop longtemps pour dégager la route comme heu, pas trop perdre de temps. Pou dégager la route à Mare-à-Poule-d’eau vers Hell-Bourg, on était fini dégager la route, vers 10 minutes après la falaise est tombée. Tombée carrément su la machine, ben la machine est restée dessous hein. A 10 minutes près on aurait passé, nous tous hein, avec monsieur Eric Boiteux et tout hein, on aurait passé. On avait toute la falaise derrière nous hein, qui est descendue, c’est comme un vague, un vague de boue. C’est là que vraiment le jour on a eu peur hein. Et puis nous la protégé un peu les animaux quand la mare-à-poule-d’eau la éclater le soir la, ma té su la route aussi, pou le cyclone Hyacinthe, on était sur la route.

 

« Pourquoi prendre tous ces risques ? »

 

Pour aider les gens. Pour, pou dégager la route pou aller plus vite, au moins les gens y reste pas trop engagés su la route de Salazie. Que soit la nuit comme jour, je suis disponible.

 

 

Réalisation : Emmanuel RICHARD

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

 

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

 

Anita Turel

PRIX DU MÉRITE 2018

 

[Musique]

 

Anita TUREL présidente de l’Olympic club Saint André « Les Léopards », 63 ans et retraitée.

 

« Et aussi passionnée de sport »

 

Parce que ça fait 40 ans que je suis dans le foot, je veux pas lâcher et que c'est mon club de cœur.

 

Loyal, par rapport à mon club parce que c'est, je suis membre fondateur de ce club.

 

Sincère, intuitive aussi parce que il faut absolument connaître qui ou na affaires rapidement dans le foot, ou lé souvent encensé alors que, bah les gens lé un petit peu hypocrite aussi des fois.

 

« Les Léopards club formateur de qualité »

 

[Pousse le défenseur sinon décale en grandeur pour Hendrix, allez c’est parti]

 

[Musique]

 

Nous étant éducateur nous les fier d’avoir madame Anita TUREL comme présidente. Déjà y incarne la mère de famille et comme un club c'est une grande famille, nous l'a besoin d’une femme comme une maman pour nous donner des directives et aussi choyer les joueurs et aussi mettre une ambiance familiale au sein d’un, du club. Et quand on voit le travail que la présidente y fait y donne a nous, l’envie de continuer.

 

Alors, cette année nous l’a envoye un jeune faire des essais à Montpellier Hérault et li la signe un contrat là pour trois ans et d'ici juillet 2019 bah, li sera stagiaire pro, à 17 ans.

 

« Et l’avenir ? »

Mon rêve ce serait que le football dans l'Est y grandi que nous ramène des titres dans l'Est parce que le football est quand même pauvre dans nout secteur. Qu’on continue avec nos jeunes, la formation des jeunes, pour qu'ils puissent s’ils en n’ont la capacité bah évoluer dans des grands clubs et puis toujours les amener à sortir, à côtoyer d’autres niveaux.

[Musique]

 

Réalisation : Alexandre RIVIERE

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

 

Sabine THIREL

PRIX DU MÉRITE 2018

 

Bonjour je suis Sabine THIREL, je suis écrivain, scénariste de bd, peintre, ancienne conseillère principale d'éducation et présidente de l'UDAR, membre aussi de l'académie de l'île de la réunion.

 

[Musique]

 

« Passionnée d’histoire, de culture et envie de tout partager »

 

J'aime expliquer, j'aime le contact avec les autres et comme je suis curieuse, j'apprends toujours des tas de choses et une fois que je, je sais, j'ai envie de partager avec d'autres personnes. Je suis passionnée d'histoire, de patrimoine, de tout ce qui touche à La Réunion de son origine et à son devenir. Je suis engagée disons culturellement et moi je, j'apprends, je cherche, je lis, je fouille, donc je le partage, donc de part mes tableaux. 

 

La peinture c'est une passion déjà, c'est aussi, c’est nostalgique, c'est pas La Réunion d'aujourd'hui, c'est La Réunion qui a été et qui devrait rester encore un peu comme ça. On a besoin de ça pour exister et savoir d'où on vient, pour pouvoir justement aller où on veut aller.

 

J'ai eu envie d'écrire un livre sur l'esclavage, j'ai écrit « Noir café ». J'ai découvert qu'il y avait aussi l'engagisme indiens, donc j'ai écrit un livre sur les engagés indiens « Jaya engagée et indienne » et la dernière bande dessinée que j'ai écrite c'est « Le moose de la méduse » et c'est pareil, un livre qui parle de la colonisation.

 

Que je touche tous les publics, c'est ça l'important. C'est qu'on apprenne sans apprendre. Comme maintenant, je suis présidente de l'UDAR, Union Des Artistes de la Réunion et on essaye tous les ans de faire une action patrimoniale ou historique.

 

« Un idéal pour la culture dans l’avenir ? »

 

Que le patrimoine soit partagé, qui soit abordable et qui soit pas réservé que pendant les journées du patrimoine. Le patrimoine c'est aussi des visites dans les musées, c'est aussi comme ça. Pourquoi on libère pas justement ? Pourquoi on n'ouvre pas les musées gratuitement aux gens ?

 

[Musique]

 

Réalisation : Alexandre RIVIERE

Intention de réalisation : Mickael CUVELIER

Montage : Emmanuel RICHARD

Direction de la Communication – Département de La Réunion – 974TV

Plan Départemental de Transition Ecologique et Solidaire