26 juil. 2019

Ensemble, agissons contre la Mouche des fruits « Bactrocera dorsalis » - 2019

le Président du Département Cyrille Melchior, au micro le Président du Département Cyrille Melchior, au micro
visite de l'exploitation visite de l'exploitation
visite de l'exploitation fruitière visite de l'exploitation fruitière
démonstration par la FDGDON (Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles de la Réunion) démonstration par la FDGDON (Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles de la Réunion)
Cyrille Melchior Cyrille Melchior

Le Département et la Chambre d’Agriculture lancent un cri d’alerte aux professionnels et aux particuliers

 

La mouche asiatique, appelée mouche des fruits ou encore Bactrocera dorsalis, a colonisé en quelques mois une majorité du territoire avec des impacts significatifs sur certaines productions, notamment les productions fruitières. Originaire d’Asie, elle est présente dans toute la zone océan Indien (Comores, Mayotte, Maurice, Madagascar, Afrique, Réunion). Sa capacité d’invasion a été fulgurante avec des pertes moyennes variant entre 20 et 25% avec des valeurs proches des 100% pour certaines parcelles de l’île. Les pertes sont considérables et estimées par la Chambre d’Agriculture à 2,5 M€ pour la filière fruits et à 5 M€ pour celle des légumes.

Cette situation alarmante a amené le Département, Chef de file de la politique agricole, et la Chambre d’Agriculture à mener une action de communication et de sensibilisation sur les moyens de lutte contre la mouche des fruits, ce vendredi 26 juillet, dans les Hauts de Saint-Paul.

C’est sur l’exploitation de Robert Claudy, Président de l’Association des Vergers de l’Ouest (AVO), maraîcher et arboriculteur, que cette opération s’est déroulée  en présence des partenaires, la FDGDON, l’ARIFEL et la DAAF.

Plus de 50% de perte ont été enregistrées par cet exploitant : « J’ai environ 12 hectares  dont 7 en mangue américaine, 1 ha en margoze et 1,5 ha en gros piment. La production de mangues a été catastrophique. Je suis très inquiet pour la profession. Même les fruits verts sont atteints. Elle s’attaque à l’ananas, à la banane aussi. Nous avons mis en place les pièges et cela marche plutôt bien mais il faut aussi sensibiliser les particuliers » a-t-il indiqué.

L’une des premières régions de l’île infectée par la mouche des fruits est la zone Ouest. Pointé du doigt, le manque de contrôle aux entrées de l’île, et particulièrement au port « Il faut qu’il y ait une mobilisation forte de l’Etat avec plus de contrôles à l’entrée du territoire et c’est un symbole aujourd’hui d’être ici dans l’Ouest ! Il doit y avoir des moyens de contrôle pour protéger notre agriculture, il faut nous donner les moyens nécessaires pour les effectuer. Nous devons être capables de limiter les dégâts » a déclaré Serge Hoareau, le Vice-président du Département délégué à l’Agriculture.

 

La filière fruits, un enjeu majeur pour le Département

80% des expéditions de colis en fin d’année

Les productions réunionnaises sont souvent des productions d'excellence, notamment les fruitières prisées à l'export comme l'ananas, le letchi ou la mangue. La présence de la mouche des fruits sur ces productions est un risque important pour cette filière, qui se trouvera de fait impactée lors des expéditions en fin d’année. 43% des exportations et 80% des expéditions de colis par les particuliers se déroulent en cette période !

 

Après le varroa, la mouche des fruits « Bactrocera dorsalis »

Le Département a toujours répondu à l’urgence. Pour rappel il y a deux ans, il avait soutenu financièrement les apiculteurs pour lutter contre le varroa. La Collectivité est à l’écoute des agriculteurs pour mettre en place toutes les actions nécessaires pour participer à la lutte contre la mouche des fruits, et comme l’a précisé le Président du Département, Cyrille Melchior, le Département s’est déjà engagé dans cette bataille aux côtés du monde agricole « Les acteurs se sont d’ores et déjà mis en ordre de marche pour engager la lutte contre cette espèce invasive, sous l’impulsion du FDGDON. Nous avons voté en avril dernier le déblocage de près 270 000 euros, une partie en fonds propres, l’autre partie sur les fonds FEADER, pour financer un programme de piégeage de surveillance du phénomène. La Collectivité apporte ainsi son aide aux producteurs concernés afin qu’ils n’aient pas à supporter seuls le coût d’acquisition des pièges. Nous avons par ailleurs mis en place avec l’ensemble des partenaires un comité afin de suivre l’évolution de la situation et se concerter sur les différentes actions de communication à mettre en place au profit des agriculteurs, mais aussi du grand public. Aujourd’hui, il est essentiel de rappeler les gestes de lutte adaptés car, que nous soyons professionnels ou particuliers, nous sommes tous concernés ».

 

Sensibiliser les agriculteurs et le grand public sur les enjeux rattachés à la lutte contre la mouche de fruit asiatique

Plusieurs moyens ont été déployés ces derniers mois afin d’endiguer la prolifération de cette mouche des fruits comme la prophylaxie, l’augmentorium ou encore le piégeage de surveillance.

Les bons gestes à faire sont :

  • la collecte des fruits et légumes piqués (prophylaxie) : ramasser les fruits au sol ou douteux sur pied, les enfermer hermétiquement dans un sac plastique et les disposer au soleil pendant 15 jours. Une fois fermé, ne plus ouvrir le sac ! Ne pas jeter les légumes et fruits au compost. Les fruits piqués peuvent aussi être donnés aux animaux : l'objectif étant de stopper le cycle rapide de reproduction.
  • Inciter la présence des insectes ennemis naturels de la mouche comme la micro-guêpe appelée Fopius arisanus qui parasite et détruit les œufs et larves de la mouche ;
  • la surveillance des mâles, le méthyleugénol est un puissant attractif sexuel pour les mâles. Il permet de surveiller la population sur la parcelle.

 

De nouvelles techniques seront expérimentées pour réduire les dégâts de cette mouche telles que :

  • Ensachage des fruits ;
  • Culture sous-filets ;
  • Autres piégeages ;
  • Plantation de plantes-pièges à proximité du verger ;
  • Association culture/élevage (volailles sous les arbres…) ;
  • Projet de lutte autocide.

 

« Le combat qui nous unit aujourd’hui reflète ce souci de soutenir une agriculture réunionnaise, au service de l’Homme réunionnais. Le message que nous passons aujourd’hui avec nos partenaires est la grande vigilance. Il est nécessaire de mener en amont de la prochaine saison des fruits ces actions pour endiguer ce fléau. La question de la prolifération de la mouche des fruits est devenu un enjeu d’intérêt général, tant la menace sur la filière fruits, et notamment la filière mangue, est extrêmement importante. Nous sommes tous concernés et nous devons ensemble agir » a conclu le Président du Département.

 

Consulter le dossier de presse (ouverture nouvelle page internet)

 

photo de l'exploitation

Cyrille Melchior au micro

visite de l'exploitation

sensibilisation par la FDGDON (Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles de la Réunion)

photo de groupe

 

Version texte de la vidéo :

Bactrocéra Dorsalis, plus communément appelée mouche des fruits est un fléau pour les cultures fruitières et légumières de La Réunion. Les agriculteurs sont inquiets des dégâts causés par ce ravageur. Sur cette exploitation de manguiers, Jean-Claudy ROBERT a perdu l’année dernière 50% de sa production attaquée par cette mouche.

 

Jean-Claudy ROBERT  Agriculteur

« Là, si on regarde la mangue comme ça, on va pas voir la piqure. Mais c’est déjà un fruit piqué. »

 

Les Hauts comme les Bas de l’île sont infectés par la mouche des fruits. Mobilisée, la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles sensibilise également les particuliers dans la surveillance de la prolifération de cette mouche, avec comme méthode de lutte : la Prophylaxie.

 

Frédéric BUREAU Directeur de la FDGDON

« La prophylaxie c’est récupérer les fruits gâtés au sol. Récupérez-les et mettez-les dans un sac plastique. Fermez le bien, vous pouvez le laisser au soleil, ça permettra de tuer les petites larves qui vont éclore. »

 

Le Département aux côtés des agriculteurs s’engage dans cette lutte. Une enveloppe de 200 000 euros est consacrée à financer les moyens de lutte, mis à disposition des professionnels pour protéger leur culture.

 

Cyrille MELCHIOR Président du Département

« Nous avons mis en place une aide qui consiste à aider à acheter les matériels de lutte à hauteur de 50%. Il y a bien sûr les premiers dispositifs qui consistent à la capture de ces mouches, notamment des mâles. Mais d’autres dispositifs, après expérimentation, pourront être mis en place. »

 

Les acteurs du monde agricole se préparent déjà à subir des pertes de production. Face au danger que représente la mouche des fruits, la lutte et la surveillance sont désormais l’affaire de tous.

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