Prévention de la délinquance : les grandes orientations du plan local définies - 2021

31 mars 2021

Mercredi 31 mars 2021, s’est réuni le premier conseil départemental de prévention de la délinquance et de la radicalisation et de lutte contre les drogues et les dérives sectaires (CDPDR) dans l’hémicycle du Palais de la Source. Présidé par le Préfet de La Réunion, et les deux Vice-présidents - le Président du Département et le Procureur de la République de Saint-Denis - ce CDPDR avait pour objectif de lancer le travail de déclinaison départementale de la stratégie nationale de prévention de la délinquance.

Pleinement engagée dans ce conseil, la Collectivité départementale, Chef de file de l'action sociale accompagnant les publics vulnérables, est un partenaire privilégié. Le Département intervient au titre des politiques de prévention qu'il mène. Il accompagne les enfants de l'Aide Sociale à l'Enfance, les jeunes en difficulté, les personnes âgées ou porteuses de handicap, les enfants et les femmes victimes de violences, réalise des actions de sensibilisation pour lutter contre les addictions,...

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Organisée en présence des acteurs tels que les collectivités territoriales, les autorités judiciaires, les forces de l'ordre, les associations, les établissements publics et privés concernés), cette rencontre a été consacrée à :

  • poser le diagnostic territorial de la délinquance ;
  • présenter les enjeux de gouvernance et les enjeux de fond de la stratégie nationale de la délinquance 2021-2024 en commençant à esquisser les axes principaux de la déclinaison départementale ;
  • élaborer une méthodologie partagée devant aboutir à la rédaction du plan départemental de prévention de la délinquance d’ici à la fin du premier semestre.

 

Prévention et déclinaison territorialisée

Le CDPDR a pour objectif la prévention de la délinquance, des violences et incivilités de toute nature, des conduites addictives, des dérives sectaires, ainsi que des accidents de la route. Dans cette perspective, il réunit tous les acteurs concernés (forces de l'ordre, préfecture, collectivités territoriales, associations, établissements publics et privés concernés) pour dresser un bilan de l’état de la délinquance dans le département. Il vise également à améliorer les politiques de lutte contre la délinquance déjà instaurées au sein du département, et à assurer un suivi des actions menées par les Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). Le CDPDR s’attache donc à mettre en œuvre territorialement, les orientations définies par la stratégie nationale de lutte contre la délinquance validée par le Premier Ministre le 9 mars 2021.

 

La stratégie nationale de prévention de la délinquance 2020-2024

Cette nouvelle stratégie a été annoncée le 9 mars 2020 par le comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR).

Elle a vocation à structurer les plans locaux de prévention de la délinquance des années à venir et fixe les actions prioritaires pour les cinq prochaines années autour de quatre objectifs partagés.

Avant la fin du premier semestre 2021, la stratégie nationale de la délinquance 2020-2024 doit être déclinée localement, en étroite collaboration avec les services du conseil départemental, avec l’autorité judiciaire et les communes. La nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance propose quatre axes adaptés aux enjeux récents :

 

  • la prévention de la délinquance des plus jeunes avant l’âge de 12 ans

La prévention de la délinquance des jeunes exposés à des facteurs de risques, notamment en mettant en place des groupes restreints au sein des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) avec de l’échange d’informations confidentielles pour mieux suivre les jeunes qui risquent de basculer dans la délinquance, et le renforcement de leur prise en charge par la mobilisation de tous les leviers de la politique de la ville, du RSMA, du monde économique, sportif et social.

 

  • la protection le plus en amont possible des personnes vulnérables

La protection des personnes vulnérables  telles que les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les enfants et les femmes victimes de violences par la mise en place de dispositifs de signalement (par exemple pour les maltraitances ou abus faites aux personnes âgées), la formation des professionnels de santé, par le déploiement de moyens itinérants (minibus) pour « aller vers... » ou encore par le développement dune prise en charge globale des victimes (mise en place de 15 intervenants sociaux en commissariat et en gendarmerie, dépôts de plainte en milieu hospitalier).

 

  • une implication plus forte de la population dans la prévention de la délinquance

La population comme nouvel acteur de la prévention de la délinquance au travers dinstances telles que les conseils citoyens, les associations de quartier et les marches exploratoires. L’intervention des médiateurs sera également soutenue par l’État. Des enquêtes sur le sentiment d’insécurité devront également permettre de compléter l’analyse des statistiques de la délinquance.

 

  • une gouvernance rénovée par une adaptation aux territoires

Une gouvernance rénovée notamment par la réactivation dans chaque commune où ils sont obligatoires des comités locaux de la prévention de la délinquance, l’installation de groupes de travail restreints et thématiques au sein de ces CLSPD, la professionnalisation des coordonnateurs  

 

Un axe « péi » : la lutte contre les addictions en matière d’alcool et de stupéfiants

Devant les caractéristiques de la délinquance à La Réunion, a été ajouté aux quatre axes nationaux un axe dit « péi » dédié à la lutte contre les addictions en matière d’alcool et de stupéfiants, véritables fléaux à lorigine, tant des violences physiques que de linsécurité routière.

À l’issue de ce CDPDR, un travail collaboratif sera initié entre les services de l’État, l’autorité judiciaire, le Conseil départemental, les sous-préfectures, les municipalités et l’ensemble des acteurs concernés afin d’élaborer un plan local de prévention de la délinquance, répondant aux spécificités du territoire, qui sera adopté en juin à l’occasion de la prochaine réunion du conseil départemental de la prévention de la délinquance.

En précisant les orientations prises et en insistant sur les nouvelles formes de la délinquance, le plan local de prévention de la délinquance constituera un document opérationnel, à disposition de chaque service, afin d’orienter le continuum de la sécurité vers une meilleure protection de la population.