12 sept. 2019

Sylvain Vaitilingom, lauréat du Prix Départemental de l’Excellence - 2019

Le Président du Conseil départemental remet son trophée à 1er lauréat du Prix de l'Excellence Le Président du Conseil départemental remet son trophée à 1er lauréat du Prix de l'Excellence
En Bois de tamarin et pierre de lave, le trophée a été réalisé par Régis et Marie‑Christine Mathis En Bois de tamarin et pierre de lave, le trophée a été réalisé par Régis et Marie‑Christine Mathis
Famille et personnalités réunies autour du talent 2019, Sylvain VAITILINGOM Famille et personnalités réunies autour du talent 2019, Sylvain VAITILINGOM
Le cuisinier a pu faire montre de son talent dans les cuisines du Centhor Le cuisinier a pu faire montre de son talent dans les cuisines du Centhor

Découvrez le portrait de Sylvain Vaitilingom en vidéo en cliquant ici

 

Une distinction honorifique :

C’est à l’occasion de la journée « Portes Ouvertes » organisée au Centhor que le Prix Départemental de l’Excellence, une distinction honorant le caractère exemplaire du parcours scolaire d’un jeune en BP Arts de la Cuisine, a été remis ce matin à Sylvain Vaitilingom par le Président du Département, en présence du Président du Comité National d’Accueil et d’Actions pour les Réunionnais en Mobilité (CNARM) et de la Présidente de la Commission Formation de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion (CCIR). Avec une moyenne annuelle de 15,46/20, ce jeune homme a été désigné major de la promotion 2019 par le centre de formation de la CCIR.

Si la vocation première de ce concours est de mettre en lumière le parcours et le talent d’un chef, le Département, acteur engagé en matière de politique agricole et d’insertion par l’activité, a aussi voulu valoriser l’excellence de la formation réunionnaise, notamment celle de la CCIR au Centhor qui forme, chaque année, entre 150 et 200 apprentis en recherche d’une qualification attrayante. Assurer l’intégration des jeunes, promouvoir les Jeunes Talents Réunionnais est une priorité partagée par le Département et ce centre de formation professionnelle.

 

Un prix pour promouvoir le talent réunionnais et sublimer les saveurs des produits locaux

Le Président du Département s’est réjoui de cette cérémonie qui récompense l’excellence d’un cursus, un talent, un savoir-faire et un savoir-être « C’est un immense plaisir pour le Département d’être ici aujourd’hui avec notre partenaire le CNARM, aux côtés de la Chambre de Commerce et d’Industrie pour la remise de ce Prix départemental de l’Excellence. Sylvain, vous faites non seulement la fierté de votre famille et de vos proches, mais vous démontrez surtout toute votre potentialité à devenir un très bon chef cuisinier. Le Département défendant l’excellence dans ce domaine, nous voulons vous encourager, et à travers vous, tous les jeunes qui souhaitent se lancer dans ce métier, à vous élever encore davantage pour atteindre une autre dimension professionnelle dans le domaine de la gastronomie. Avec le CNARM, vous vous envolerez prochainement à Paris pour parfaire votre talent chez Lenôtre, un grand nom de la cuisine française, où vous effectuerez trois stages de perfectionnement pour compléter votre formation initiale. Ces enseignements sauront, nous l’espérons, enrichir vos connaissances, vos techniques pour faire briller l’art de vivre réunionnais, promouvoir la qualité des produits locaux et le bien manger créole. Je vous souhaite pleine réussite dans votre projet professionnel » a déclaré le Président du Département.

 

Un parcours exemplaire et une réelle passion pour la cuisine et les saveurs

Agé de 27 ans, Sylvain a toujours été passionné par la cuisine. 4 générations de cuisiniers traditionnels dans sa famille mais le seul à avoir fait le choix de faire un parcours diplômant ! Aujourd’hui entouré de sa famille, il a remercié ses professeurs et son employeur l’hôtel Le Récif pour leur soutien lors de son apprentissage. « J’ai toujours été assidu, à l’écoute de mes professeurs, deux raisons pour lesquelles j’ai réussi dans ma démarche. Je souhaite continuer ainsi avec la même envie, la même motivation, garder aussi le « ti côté réunionnais » et revenir avec plein d’expériences et de connaissances. Merci à Monsieur Président du Département et à Monsieur le Président du CNARM de me donner la chance d’évoluer» a exprimé l’heureux lauréat tout ému de cette distinction.

 

Un partenaire, le CNARM, pour accompagner le lauréat vers une insertion professionnelle

Depuis plus de cinquante ans, le CNARM encourage, aide, accompagne les personnes résidant à La Réunion à trouver du travail ou à acquérir une qualification par le biais de l’alternance à l’extérieur de l’île. « Le Conseil départemental a une politique de mobilité active, ambitieuse et audacieuse. La mobilité est une véritable chance car les dispositifs existent pour réussir son expérience et concrétiser un projet de vie. En 2018, nous avons ainsi soutenu plus de 2 600 départs. Le CNARM est très heureux aujourd’hui d’accompagner M Vaitilingom. Il bénéficie du « pack mobilité » qui comprend le billet d’avion, l’hébergement, l’allocation d’installation et un suivi dans la recherche d’emploi dans son secteur de prédilection. Après ses formations, deux rendez-vous ont d’ores et déjà été pris avec les Groupes Bertrand et Barrière pour l’obtention d’un emploi ».

 
A l’issue de la cérémonie de la remise de prix, les invités ont été conviés à assister à une démonstration culinaire de Sylvain Vaitilingom. La recette du chef pour l’occasion a porté sur une aumônière de volaille accompagnée d’une purée de cambar et de petits légumes, servie avec un coulis aromatisé à la vanille et au romarin.

 

Le prix : deux matériaux nobles, Tamarin et pierre de lave

La matérialisation de ce prix s’est traduite par la réalisation d’un trophée aux couleurs locales. Il a été réalisé par Régis et Marie‑Christine Mathis. Spécialisés dans l’art de la table en bois, les artisans ont conçu ce trophée en bois de Tamarin et pierre de lave de La Réunion.

 

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Portrait vidéo de Sylvain Vaitilingom :

Version texte de la vidéo :

Je m’appelle Vaitilingom Sylvain, j’ai 27 ans et j’habite à la Saline.

Là on est au temple à la Saline les Hauts, avec la station indoue.

Du coup on est là depuis le matin pour tout préparer, de façon que tout se déroule bien et que tout soit prêt à l’heure.

Papa de Sylvain - Zot marmaille kan zot i arriv la, zot i wa que nou parent nou lé la ben si na na marmite pou lavé, i za va i lav, taleur ou dit ben pile un peu zépis, taleur ben, après zot la vécu là vécu là vécu là ou koné, cé un tradition après y enregistre dan la tête aussi, ou wa i a un retour.

Sylvain - Koz pas trop, c’est une question la été éduquer comme ça aussi.

La cuisine, oui, c’est quelque chose de sérieux, c’est des responsabilités qu’on prend aussi, c’est quand même faire de la nourriture pour des gens ou des divinités, donc il faut que ce soit bon.

Maman de Sylvain - Ben c’est un bon caractère, il n’y a rien dire, nou même lé bien aider par Sylvain, meme la na chose à faire tout ça,

Sylvain - Etant la 4ème génération à cuisiner dans ma famille, je me suis dit bon il est temps de le mettre ça sur papier. Ça c’est vraiment, mi la besoin de ça aussi, pour change a moin un peu les idées et retrouve a moin un petit personnellement aussi.

L’hôtel Le Récif là où j’ai travaillé, je travaille depuis 2010, j’ai été plongeur ici, commis de cuisine, apprenti de cuisine en CAP et apprentis cuisinier en BP.

Là on est dans la cuisine, et juste ici le bureau du chef.

Bonjour chef. Vous allez bien ?

Hervé Bernardon - Bonjour Sylvain.   

 Commentaire - C’est la première chose à faire ? Dire bonjour au chef ?

Sylvain - Première chose à faire dire « bonjour » sinon ça ne passe pas.

Hervé Bernardon - C’est mon poulain.

Sylvain - Monsieur Gondin, le doyen de la cuisine.

Ici là plonge, c’est ici que j’ai commencé.

Là on arrive dans la partie chaude.

Hervé Bernardon - Entant que chef, j’ai l’œil pour voir les gens qui sortent du lot et j’ai repéré Sylvain, je me suis un peu intéressé à son parcours et je me suis rendu compte qu’il n’avait pas de diplôme, donc j’ai insisté auprès de Sylvain pour qu’il fasse une formation.

Frère de Sylvain - Moi, je suis fier par rapport par où il est passé, parce que qu’il ne voulait pas l’apprentissage, et quand il m’en a parlé je lui ai dit « Ben essaie au lieu de n’avoir rien ».

Sylvain - Je ne sais pas, c’est venu comme ça naturellement, et il y a eu comme un lien avec la cuisine, où ce n’était pas moi qui faisait appel au travail mais le travail qui faisait appel à moi en fait.

Ça c’est un travail d’équipe, voilà tout le monde y participe, chacun y met son petit grain de sel comme on dit.

Hervé Bernardon - Cette curiosité, qui fait justement le vrai professionnel, il se renseigne, pose des questions.

Sylvain - C’est en écoutant, en regardant, c’est comme ça que j’ai avancé en fait.

Paolo Bica - Rincez vos sols, enlevez les écailles qui sont collés dessus, séchez les, une moitié à mariné l’autre moitié sur un bac. C’est bon ?

Jeunes - Oui chef.

Sylvain - Il y a toujours une appréhension quand on revient ici.

Avec le prix de l’Excellence j’ai gagné l’opportunité de partir, encore une fois en métropole, mon père m’a dit « écoute, le premier train y passe, ne faut pas attendre le deuxième, faut prendre le premier train »

Paolo Bica - Bien sur si tu pars travailler en métropole dans un grand établissement comme Guy Savoie où tu avais été en stage, tu sais pertinemment que ce sont des établissements qui demandent beaucoup de rigueur, tu vas faire beaucoup d’heures. Et tu vas surtout gagner en mérite et tu vas surtout gagner en savoir. Je pense qu’aujourd’hui il a de bonne base pour être un très bon cuisinier, après il quatre années de scolarité, il faut qu’il affine tout ça. Il va falloir qu’il travaille maintenant pour acquérir de l’expérience, mais il a bon fond, un très bon fond.    

Sylvain - Je pense que là-bas, je vais voir d’autres choses et apprendre d’autres choses, mais oublier ce que j’ai appris ici, ce que j’ai vécu ici, je ne peux pas, on ne peut pas.

Papa de Sylvain - Je lui souhaite bonne chance, bonne réussite et d’aller plus loin.

Maman de Sylvain - Le cœur lé un petit gros qu’y sa va, tout seul la, l’habitué la Sylvain Sylvain.

Hervé Bernardon - S’il continue ses études, qu’ils les poussent un peu et qu’il fait des mentions complémentaires, Sylvain peut très bien devenir directeur d’hôtel.

Sylvain - Pour moi c’est un peu comme un livre qu’ils ont ouvert et moi je fais tout pour garder ce livre ouvert et je pense que j’ai écrit un beau chapitre. 

 

Version texte de la vidéo d'actualité :

Commentaire - Certains jours restent gravés dans nos mémoires, ce matin-là au Centhor la famille de Sylvain Vaitilingom a fait le déplacement, car leur fils major de sa promotion reçoit le prix Départemental de l’Excellence.

Cyrille MELCHIOR - Bonjour et félicitations, c’est un grand jour car, tes talents sont reconnus, et les talents de Sylvain c’est aussi les talents de sa matante, son tonton, ses frères, ses sœurs, ses parents, papa, maman donc le résultat donne Sylvain.

Sylvain - Fé un bon carri alors ?

Cyrille MELCHIOR - Fé un bon carri. Bravo.

Commentaire - La CCIR et CNAR partenaires de cette opération ont pris tour à tour la parole pour féliciter ce jeune cuisinier volontaire qui a gagné une formation chez « Lenôtre » à Paris.

Sylvain - J’espère pouvoir continuer comme ça, avec la même envie, la même motivation voilà, garder aussi le petit côté réunionnais, n’oublie pas. Et revenir avec pleins d’expérience et de connaissances.

Cyrille MELCHIOR - Nous avons des jeunes qui sont remplis de talents, mais qui parfois sont un peu timides, qui n’osent pas, et c’est le problème de la jeunesse de façon générale. Donc il faut susciter, faut pousser chacun d’entre eux à aller le plus possible, pour justement exprimer les talents qu’il a en lui.

Commentaire - Pas une seule absence sur toute sa formation, les meilleures notes de sa promotion et un talent qui met en valeur les produits réunionnais. Sylvain Vaitilingom est d’un calme déconcertant malgré tout ces regards sur son plat du jour.

Sylvain - Non ça fait plaisir au contraire c’est meilleur quand il y du monde, au moins avant de manger on voit le travail aussi.

Pour être major, déjà il faut s’investir, il faut être motivé, aussi il y a le bien-sûr savoir-faire et surtout beaucoup de savoir-être. Il faut être présent, pas de retard, pas d’absence, il faut s’investir, il faut apprendre, écouter et apprécier aussi la cuisine.

Marie Nadine ANGELIE - C’est pour les élèves et l’extérieur aussi, parce que je pense que, notre taux de réussite de l’année dernière est de 95% et je pense que nos élèves ne restent pas à La Réunion, ils partent, ils sont convoités dans le monde. Je pense qu’a travers ce Prix de l’Excellence, l’extérieur et même ici à La Réunion, ils auront plus confiance au Centhor et diront qu’on est vraiment un centre reconnu dans le monde.  

 Commentaire - Le chemin ne sera pas facile pour ce jeune cuisinier, mais ce passage par la mobilité lui offrira probablement de quoi devenir demain, un chef. 

 

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