À Bengalis, le Département redonne son libre cours à la rivière du Mât - 2026

16 sept. 2026

Sur la rivière du Mât, entre Saint-André et Bras-Panon, un ouvrage construit dans les années 1960 va progressivement disparaître. Le Département engage en effet l’arasement du seuil de Bengalis, devenu aujourd’hui inadapté. Cette opération répond à un double objectif : restaurer les équilibres du cours d’eau et améliorer les conditions d’écoulement des eaux, tout en assurant la sécurité des interventions.

 

Cette opération bénéficie du soutien financier de l’Union européenne dans le cadre du programme FEDER-FSE+ Réunion, dont la Région Réunion est l’autorité de gestion. Une subvention de 3 167 950 euros a été attribuée dans le cadre de l’appel à projets consacré à la préservation de la richesse naturelle du territoire réunionnais, notamment à travers la décarbonation et le renforcement de sa résilience, et plus particulièrement au retour au bon état des milieux aquatiques continentaux.

 

Le coût total de l’opération avoisine les 3,6 millions d’euros. Les travaux ont démarré en mai 2026 pour une durée prévisionnelle de 18 mois.

 

Un ouvrage qui n’a plus sa place dans le fonctionnement de la rivière

 

Pour comprendre l’intérêt de ce chantier, il faut revenir à l’histoire du seuil de Bengalis. Construit dans les années 1960 dans le cadre des grands aménagements d’irrigation développés à l’époque par l’État, cet ouvrage avait une fonction précise : permettre une dérivation gravitaire des eaux de la rivière du Mât vers un réservoir de tête afin de contribuer à l’alimentation du périmètre irrigué de Champ Borne.

 

Mais les caractéristiques des rivières réunionnaises, notamment leur important transport de matériaux, ont rapidement rendu l’exploitation et l’entretien de l’ouvrage difficiles. Les dégradations successives, notamment à la suite des cyclones Dina et Gamède, ont finalement conduit à son abandon dans les années 2000. Le périmètre irrigué de Champ Borne, ainsi que le seuil de Bengalis, ont ensuite été transférés au Département en 2012.

 

Depuis, cet ouvrage constitue un obstacle au fonctionnement naturel de la rivière. Son arasement permettra donc de répondre aux enjeux environnementaux actuels de continuité écologique.

 

Rétablir la continuité écologique sur 40 kilomètres

 

Concrètement, le chantier prévoit l’arasement du seuil sur toute la largeur du cours d’eau, jusqu’à la coulée de basalte. Plusieurs ouvrages annexes seront également démolis : la chambre de vanne et ses équipements, l’ouvrage de prise, le dessableur, le trop-plein situé en aval, le canal en berge rive droite ainsi que la culée rive droite. Des travaux de confortement sont également prévus, notamment au niveau de la pile rive droite du pont situé en amont et de la berge aval.

 

Derrière ces interventions très techniques, l’enjeu est de rendre à la rivière une partie de son fonctionnement naturel. En supprimant cet obstacle, le Département entend rétablir la continuité écologique et faciliter la libre circulation des espèces aquatiques, notamment de la faune piscicole. Le bénéfice attendu concerne ainsi un linéaire d’environ 40 kilomètres de rivière.

 

Cette opération participe plus largement à la politique menée par le Département en faveur d’une gestion durable de l’eau et de la préservation des milieux naturels. Elle s’inscrit dans les orientations du SDAGE (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux) 2022-2027 et dans une démarche visant à adapter les ouvrages hydrauliques existants aux réalités des cours d’eau réunionnais, en conciliant les différents usages de l’eau avec la préservation des écosystèmes.

 

Un chantier exigeant, jusque dans sa réalisation

 

Parce qu’intervenir directement dans le lit d’une rivière impose des précautions particulières, le chantier fait l’objet d’un encadrement environnemental et sécuritaire spécifique. Un suivi environnemental est prévu pendant les travaux, ainsi qu’une coordination dédiée en matière de sécurité et de protection de la santé.

 

Le projet porte également une dimension sociale : le marché prévoit un minimum de 4 200 heures d’insertion. La commande publique devient ainsi un levier qui ne se limite pas à la réalisation d’un équipement ou d’un chantier, mais qui peut aussi contribuer à favoriser le retour à l’emploi et l’insertion professionnelle.

 

Avec l’arasement du seuil de Bengalis, le Département intervient donc à la fois sur un ouvrage hydraulique devenu obsolète et sur un enjeu plus large : celui de permettre aux rivières réunionnaises de retrouver un fonctionnement plus naturel, tout en tenant compte des impératifs de sécurité et des usages du territoire.