Le 26 août dernier, Louise Picardo, née M’Pota, a célébré ses 105 ans. A cette occasion, Marie Richela Chambi Djoumbamba, Conseillère départementale, est allée à la rencontre de cette femme qui a traversé plus d’un siècle de bouleversements et qui, depuis son fauteuil, regarde chaque jour encore son quartier vivre et évoluer.
Il y a 105 ans, Basse-Terre n’avait pas le visage qu’on lui connaît aujourd’hui. Les champs de canne à sucre occupaient une grande partie du paysage, les maisons étaient plus rares et la vie s’organisait autrement. Louise s’en souvient parfaitement.
Née à Saint-Pierre au sein d’une famille de sept enfants, elle a connu une enfance simple. Elle a pu fréquenter l’école jusqu’à l’âge de 16 ans, avant de devoir interrompre sa scolarité. À l’époque, l’école était payante et les ressources familiales ne permettaient pas de poursuivre ses études.
Louise consacrera alors sa jeunesse à sa mère, malade et handicapée. Pendant de nombreuses années, elle restera à ses côtés et s’occupera d’elle jusqu’à son décès. Une mission qui l’amènera à mettre sa propre vie entre parenthèses.
À 40 ans, elle se marie avec un homme qui avait déjà huit enfants. Elle les élèvera comme les siens. Le couple aura ensuite deux filles. Au fil des générations, la famille s’agrandira avec l’arrivée de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants, aujourd’hui nombreux à entourer leur maman, grand-mère et arrière-grand-mère.
Les robes de mariée de Basse-Terre
Louise a également marqué son quartier par son savoir-faire. Couturière, elle travaillait avec patience et minutie, réalisant notamment de nombreuses robes de mariée.
« On m’apportait beaucoup de robes de mariée à coudre », raconte-t-elle. Une activité qu’elle exerçait tout en continuant à prendre soin de sa mère. Ses talents de couturière étaient alors connus et appréciés des familles de Basse-Terre.
Elle bénéficie chaque jour de l’accompagnement de ses infirmières, de son kinésithérapeute et de ses filles, ce qui contribue à son maintien à domicile.
Mais ce qui fait son bonheur, c’est aussi cette vie qui continue autour d’elle.
Assise dans son fauteuil, devant sa maison, elle regarde les passants, les voisins et les allées et venues. Elle observe son quartier comme elle l’a toujours fait. Basse-Terre a changé, mais Louise en demeure un repère.
Dans le quartier, elle est affectueusement appelée « Tante Louise ». Un surnom qui traduit l’attachement des habitants à cette femme devenue, au fil des décennies, bien plus qu’une simple voisine.
Et tandis que Basse-Terre poursuit son évolution, Tante Louise continue de regarder la vie passer devant sa maison.
Une vie qu’elle contemple aujourd’hui avec sérénité, entourée des siens et riche de 105 années de souvenirs.
