Richela CHAMBI DJOUMBAMBA
-
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2026, le Département de La Réunion a mis la photographie à l’honneur avec « Miroirs Indianocéaniques », une programmation consacrée à la mémoire, au patrimoine et aux transformations de l’île.
À La Réunion, la photographie occupe une place particulière dans la mémoire collective. Elle accompagne l’évolution du territoire et témoigne des modes de vie, des paysages, de l’architecture et des générations qui se sont succédé. Les images anciennes constituent aujourd’hui une véritable mémoire visuelle de l’île, tandis que la photographie contemporaine révèle les évolutions de notre société.
Cette programmation des JEP a pris une dimension particulière en 2026, année du bicentenaire de la photographie. Le programme « Miroirs Indianocéaniques » a reçu le label du Bicentenaire de la photographie du ministère de la Culture, reconnaissant ainsi l’ambition de cette démarche et la volonté du Département de considérer la photographie comme un patrimoine à part entière, à la croisée de l’art, de l’histoire et de la mémoire. Des journées européennes du patrimoine autour de plusieurs temps forts dont le concours régional de photographie « Monuments de beauté de l’océan Indien » invite notamment à porter un regard nouveau sur le patrimoine de l’espace indianocéanique.
Le Département va par ailleurs publier un livre « Trésors, Zarlor : Le Département de La Réunion et le patrimoine réunionnais ». Un ouvrage rassemblant l’essentiel de la mission patrimoniale de la collectivité qui sera diffusé en décembre 2026. Une collecte de photographies est ouverte pour permettre la préservation et la valorisation de la mémoire iconographique de La Réunion. Les familles, les associations, les institutions ainsi que les collectionneurs privés peuvent s’associer à cette démarche patrimoniale.
Encadré :
Remise des prix du concours régional de photographie « Monuments de beauté de l’océan Indien »
Le 19 septembre, à l’hémicycle du palais de La Source, s’est tenue la remise des prix de la 3ᵉ édition du concours régional de photographie « Monuments de beauté de l’océan Indien », en présence des conseillères départementales Richela Chambi Djoumbamba et Inelda Leveneur, ainsi que du président du Conseil départemental des jeunes, Joackim Bertil.
Au total, 209 collégiens de 22 établissements de sept territoires ont participé à ce projet labellisé « Bicentenaire de la photographie ». Parmi 46 projets reçus, 35 dossiers ont été évalués par un jury de professionnels, qui a salué la créativité, la qualité photographique et l’engagement des élèves dans la valorisation du patrimoine indianocéanique.
Palmarès :
1er prix :
They Walked Here - DAV Collège Port-Louis
(Maurice)
2e prix :
Igreja de Santo António da Polana - Lycée Français International Gustave Eiffel
(Mozambique)
Mention spéciale « Révélation patrimoniale »
La Pierre et la Croix, pour la qualité de son argumentation et la maturité de sa réflexion. - SODNAC SSS
(Maurice)
3e prix :
Le Palais Kapviridjewe, Udjumbe - Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid
(Comores)
Mention spéciale « Regard »
The Echoes of the Diocese, pour son regard original porté sur un patrimoine peu visible. - Collèges de France et du Monde
(Madagascar)
En savoir plus
-
Le 26 août dernier, Louise Picardo, née M’Pota, a célébré ses 105 ans. A cette occasion, Marie Richela Chambi Djoumbamba, Conseillère départementale, est allée à la rencontre de cette femme qui a traversé plus d’un siècle de bouleversements et qui, depuis son fauteuil, regarde chaque jour encore son quartier vivre et évoluer.
Il y a 105 ans, Basse-Terre n’avait pas le visage qu’on lui connaît aujourd’hui. Les champs de canne à sucre occupaient une grande partie du paysage, les maisons étaient plus rares et la vie s’organisait autrement. Louise s’en souvient parfaitement.
Née à Saint-Pierre au sein d’une famille de sept enfants, elle a connu une enfance simple. Elle a pu fréquenter l’école jusqu’à l’âge de 16 ans, avant de devoir interrompre sa scolarité. À l’époque, l’école était payante et les ressources familiales ne permettaient pas de poursuivre ses études.
Louise consacrera alors sa jeunesse à sa mère, malade et handicapée. Pendant de nombreuses années, elle restera à ses côtés et s’occupera d’elle jusqu’à son décès. Une mission qui l’amènera à mettre sa propre vie entre parenthèses.
À 40 ans, elle se marie avec un homme qui avait déjà huit enfants. Elle les élèvera comme les siens. Le couple aura ensuite deux filles. Au fil des générations, la famille s’agrandira avec l’arrivée de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants, aujourd’hui nombreux à entourer leur maman, grand-mère et arrière-grand-mère.
Les robes de mariée de Basse-Terre
Louise a également marqué son quartier par son savoir-faire. Couturière, elle travaillait avec patience et minutie, réalisant notamment de nombreuses robes de mariée.
« On m’apportait beaucoup de robes de mariée à coudre », raconte-t-elle. Une activité qu’elle exerçait tout en continuant à prendre soin de sa mère. Ses talents de couturière étaient alors connus et appréciés des familles de Basse-Terre.
Elle bénéficie chaque jour de l’accompagnement de ses infirmières, de son kinésithérapeute et de ses filles, ce qui contribue à son maintien à domicile.
Mais ce qui fait son bonheur, c’est aussi cette vie qui continue autour d’elle.
Assise dans son fauteuil, devant sa maison, elle regarde les passants, les voisins et les allées et venues. Elle observe son quartier comme elle l’a toujours fait. Basse-Terre a changé, mais Louise en demeure un repère.
Dans le quartier, elle est affectueusement appelée « Tante Louise ». Un surnom qui traduit l’attachement des habitants à cette femme devenue, au fil des décennies, bien plus qu’une simple voisine.
Et tandis que Basse-Terre poursuit son évolution, Tante Louise continue de regarder la vie passer devant sa maison.
Une vie qu’elle contemple aujourd’hui avec sérénité, entourée des siens et riche de 105 années de souvenirs.
En savoir plus