08 novembre 2019 - 05 avril 2020

Exposition au musée Léon Dierx : Les Hauts d'une île, photographies de Morgan Fache. Résidence patrimoine et création #2

  • musée Léon Dierx
  • 09H30  - 17H30
  • Tarif normal : 2 € / Tarif réduit : 1 € (3ème âge – Groupe de 10 personnes sur réservation) / Détails des gratuités sur demande
2020-04-05 17:30:00 2020-04-05 17:30:00 Exposition au musée Léon Dierx : Les Hauts d'une île, photographies de Morgan Fache. Résidence patrimoine et création #2 Présentation Les Hauts d'une île, photographies de Morgan Fache. Résidence patrimoine et création #2   Commissaires de l'exposition :  Nathalie Gonthier Bernard Leveneur, conservateur du patrimoine, directeur du musée Léon Dierx     Version textuelle de la vidéo   Infos pratiques Exposition ouverte du 8 novembre 2019 au 5 avril 2020 Adresse : 28 rue de Paris (accès personnes handicapées par la rue Sainte-Marie) Téléphone : 02 62 20 24 82 Adresse e-mail : musee.dierx@cg974.fr Page Facebook : Musée Léon Dierx - officiel Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 17h30, y compris les jours fériés sauf le 1er mai Tarif normal : 2 € / Tarif réduit : 1 € (3ème âge – Groupe de 10 personnes sur réservation) /Gratuité pour : Jeune Public (-18 ans), groupe scolaires, étudiants, bénéficiaires de la CMU, Personnes handicapées, membres d’organisation nationale ou internationale oeuvrant dans le domaine des musées ICOM, OCIM, UNESCO, association des personnes en formation, PASS Loisirs, presse, autres… Gratuit le premier dimanche de chaque mois   Pour en savoir + Des « marrons » aux premiers habitants des cirques devenus un peu plus tard « les yabs des hauts », qui sont ces habitants qui vivent dans ces parties reculées de notre île ? C’est la question que s’est posée le photographe Morgan Fache. Et une partie des réponses se trouve dans cette série de portraits de personnes anonymes exposée au Musée Léon Dierx. Des visages qui portent en eux toute l’histoire d’un quartier, d’une ville, d’une île… Le sujet d’exploration de sa résidence d’artiste a ainsi mené le photographe dans les quartiers les plus reculés de La Réunion. Du Brûlé à Saint-Denis, à Grand Coude ou encore à Saint-Joseph, en passant par la Plaine des Cafres, Morgan Fache montre ces territoires à travers le regard de ses habitants. Une démarche culturelle et sociale pour cet artiste qui a choisi la Réunion comme terre d’exploration. Le vernissage et la restitution de sa résidence d’artistes ont été l’occasion pour ces anonymes de découvrir leurs portraits et surtout pour certains, d’entrer pour la première fois dans un musée.   Vous avez choisi de raconter "La Réunion vue d'en haut" en quoi ce regard photographique peut-il nous éclairer sur l'histoire du marronnage et des premiers  « yabs » des hauts ? Le terme "marron" utilisé pour les esclaves qui s’enfuyaient dans les hauts de l’île a forcément un rapport avec l'imaginaire qui existe à propos des habitants des hauts. Je voulais montrer le regard que les Réunionnais qui habitent sur la côte, leur porte. Ces « yabs » comme on les appelle sont très attachés à leur territoire. Leur culture est pérenne dans le temps, ils conservent leurs traditions. Même si dans les bas on observe aussi cette préservation, elle est beaucoup plus forte dans ces territoires reculés. On rencontre même des jeunes qui ne veulent pas descendre dans les bas.   Des portraits d'anonymes qui à travers leur histoire racontent la grande histoire de l'île. Ces portraits représentent des rencontres mais beaucoup plus pour vous ? C'était vraiment mon idée de départ. Quand j’ai découvert le corpus d'images de la collection historique qui compose aussi cette exposition, j’ai tout de suite compris que c’était dans cette direction que je souhaitais aller. Je voulais montrer ce territoire, un territoire que j'habite quand je suis à la Réunion. J'avais envie de le découvrir à travers l’objectif de mon appareil photo. J’y suis allé un peu au hasard même si je savais ce que je voulais faire et au fil des rencontres les rapports ont évolué, la confiance s’est installée. Il y a vraiment des particularités... Quand on habite à la Réunion, il y a une identité qui est propre à chaque lieu. Cette résidence m’a permis de pousser encore plus loin cette vision. En plus j’ai choisi de travailler en argentique donc je ne pouvais pas voir instantanément mes photos. Je ne les ai découvertes qu’au moment du tirage.   Vous avez photographié mais vous avez aussi associé des enfants, des adolescents à votre travail, ce partage a eu quelle résonance ? En fait j'ai l'habitude de faire des ateliers. Cela peut durer plusieurs mois, plusieurs semaines. Là, j'avais envie de laisser  les enfants libres dans leur démarche. Je leur ai donné un appareil photo jetable argentique. Moi j'avais un sujet, je savais où j'allais. Je voulais explorer les frontières du territoire. J'avais envie d'associer les enfants pour qu’ils montrent « leur » quartier.   Des visages d'aujourd'hui pour une expo qui cohabite avec la Réunion du milieu du XXème siècle, pourquoi cette association ?  C'était obligatoire, j'avais envie de faire un parallèle avec les images anciennes et des photos qui montrent La Réunion d'aujourd'hui. C'était une évidence. En comparant les époques on constate une évolution sociologique. Sur les clichés des années 50-60, on voit beaucoup de gens à pied dans la rue. Maintenant, tout le monde a une voiture. Cette perspective donne à voir l’évolution des hauts.   Vous êtes très engagé dans votre démarche artistique, Dann'Somin : sous le soleil, l'exclusion ou encore les Chagos face à l'injustice... les questions d'inégalités et les problèmes sociaux issus entre autres du colonialisme vous touchent beaucoup. Qu'est ce qui vous a poussé dans cette voie ? J’ai exercé pendant longtemps le métier de travailleur social. J’aimais énormément ce que je faisais mais je passais mon temps dans les dossiers au lieu d’être en contact avec les gens. J’estime que le contact avec les personnes en difficultés est primordial. C’est pour cela que j’ai choisi la photo parce que je retrouve ce côté humain que je n’avais plus. Je suis photographe depuis maintenant sept ans. Je travaille avec la fondation Abbé Pierre mais je ne me considère pas pour autant comme un artiste engagé. Mes photos doivent simplement montrer la réalité.     Les ateliers "Plan Mercredi" au musée Léon Dierx, exposition temporaire Les hauts de l'île (ouverture dans une nouvelle page internet)       Version texte de la vidéo Le musée Léon Dierx inaugure sa nouvelle exposition temporaire intitulée les Hauts de l’île. Le photographe Morgan FACHE, expose ses clichés qui sont la restitution d’une résidence d’artiste : patrimoine et création qui aura durée 6 mois. Le temps pour ce photographe d’aller à la rencontre des territoires reculés de La Réunion et de sa population.   Morgan FACHE Photographe « C’est un peu la représentation de ce projet, c’est d’aller à la rencontre sans vraiment savoir où je vais. Et de rencontrer des gens qui font l’histoire de leur village, l’histoire de leur commune des Hauts et pourtant qui sont, peut-être aussi, dans leur commune des anonymes. Mais qui en même temps ont construit un patrimoine qui est leur identité. Simone, par exemple, c’est quelqu’un qui connait son histoire, qui a grandi à Grand-Coude. »   Ces paysages, ces portraits réalisés en argentique, montrent les facettes et les visages des Hauts de l’île. Cette série d’images vient compléter, dans cette exposition, un ensemble de photographies originales datant des années 50 et 60. Une perspective entre le passé et le présent.   Bernard LEVENEUR Directeur du Musée Léon Dierx « Ces documents anciens présentent une image un peu idyllique, une vision à un temps donné d’une Réunion des années 50-60, d’une vision des Hauts qui correspond à un temps donné. Et c’est intéressant justement de montrer ce parallèle, ce dialogue. Comment on peut instaurer un dialogue finalement entre cette vision ancienne, y a 50-60 ans et une vision aujourd’hui faite par un photographe en 2019 qui a décidé de témoigner en fait de ces hauts de l’’île, avec son regard qui est un regard d’un jeune contemporain sur les hauts de l’île. »   Les curieux auront jusqu’au 5 Avril prochain pour découvrir cette exposition et voyager dans le cœur des hauts de l’île. musée Léon Dierx CDR admin@extension-interactive.com Indian/Reunion public Ajouter à mon calendrier 2020-04-05 13:30:00 2020-04-05 13:30:00 Exposition au musée Léon Dierx : Les Hauts d'une île, photographies de Morgan Fache. Résidence patrimoine et création #2 Présentation Les Hauts d'une île, photographies de Morgan Fache. Résidence patrimoine et création #2   Commissaires de l'exposition :  Nathalie Gonthier Bernard Leveneur, conservateur du patrimoine, directeur du musée Léon Dierx     Version textuelle de la vidéo   Infos pratiques Exposition ouverte du 8 novembre 2019 au 5 avril 2020 Adresse : 28 rue de Paris (accès personnes handicapées par la rue Sainte-Marie) Téléphone : 02 62 20 24 82 Adresse e-mail : musee.dierx@cg974.fr Page Facebook : Musée Léon Dierx - officiel Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 17h30, y compris les jours fériés sauf le 1er mai Tarif normal : 2 € / Tarif réduit : 1 € (3ème âge – Groupe de 10 personnes sur réservation) /Gratuité pour : Jeune Public (-18 ans), groupe scolaires, étudiants, bénéficiaires de la CMU, Personnes handicapées, membres d’organisation nationale ou internationale oeuvrant dans le domaine des musées ICOM, OCIM, UNESCO, association des personnes en formation, PASS Loisirs, presse, autres… Gratuit le premier dimanche de chaque mois   Pour en savoir + Des « marrons » aux premiers habitants des cirques devenus un peu plus tard « les yabs des hauts », qui sont ces habitants qui vivent dans ces parties reculées de notre île ? C’est la question que s’est posée le photographe Morgan Fache. Et une partie des réponses se trouve dans cette série de portraits de personnes anonymes exposée au Musée Léon Dierx. Des visages qui portent en eux toute l’histoire d’un quartier, d’une ville, d’une île… Le sujet d’exploration de sa résidence d’artiste a ainsi mené le photographe dans les quartiers les plus reculés de La Réunion. Du Brûlé à Saint-Denis, à Grand Coude ou encore à Saint-Joseph, en passant par la Plaine des Cafres, Morgan Fache montre ces territoires à travers le regard de ses habitants. Une démarche culturelle et sociale pour cet artiste qui a choisi la Réunion comme terre d’exploration. Le vernissage et la restitution de sa résidence d’artistes ont été l’occasion pour ces anonymes de découvrir leurs portraits et surtout pour certains, d’entrer pour la première fois dans un musée.   Vous avez choisi de raconter "La Réunion vue d'en haut" en quoi ce regard photographique peut-il nous éclairer sur l'histoire du marronnage et des premiers  « yabs » des hauts ? Le terme "marron" utilisé pour les esclaves qui s’enfuyaient dans les hauts de l’île a forcément un rapport avec l'imaginaire qui existe à propos des habitants des hauts. Je voulais montrer le regard que les Réunionnais qui habitent sur la côte, leur porte. Ces « yabs » comme on les appelle sont très attachés à leur territoire. Leur culture est pérenne dans le temps, ils conservent leurs traditions. Même si dans les bas on observe aussi cette préservation, elle est beaucoup plus forte dans ces territoires reculés. On rencontre même des jeunes qui ne veulent pas descendre dans les bas.   Des portraits d'anonymes qui à travers leur histoire racontent la grande histoire de l'île. Ces portraits représentent des rencontres mais beaucoup plus pour vous ? C'était vraiment mon idée de départ. Quand j’ai découvert le corpus d'images de la collection historique qui compose aussi cette exposition, j’ai tout de suite compris que c’était dans cette direction que je souhaitais aller. Je voulais montrer ce territoire, un territoire que j'habite quand je suis à la Réunion. J'avais envie de le découvrir à travers l’objectif de mon appareil photo. J’y suis allé un peu au hasard même si je savais ce que je voulais faire et au fil des rencontres les rapports ont évolué, la confiance s’est installée. Il y a vraiment des particularités... Quand on habite à la Réunion, il y a une identité qui est propre à chaque lieu. Cette résidence m’a permis de pousser encore plus loin cette vision. En plus j’ai choisi de travailler en argentique donc je ne pouvais pas voir instantanément mes photos. Je ne les ai découvertes qu’au moment du tirage.   Vous avez photographié mais vous avez aussi associé des enfants, des adolescents à votre travail, ce partage a eu quelle résonance ? En fait j'ai l'habitude de faire des ateliers. Cela peut durer plusieurs mois, plusieurs semaines. Là, j'avais envie de laisser  les enfants libres dans leur démarche. Je leur ai donné un appareil photo jetable argentique. Moi j'avais un sujet, je savais où j'allais. Je voulais explorer les frontières du territoire. J'avais envie d'associer les enfants pour qu’ils montrent « leur » quartier.   Des visages d'aujourd'hui pour une expo qui cohabite avec la Réunion du milieu du XXème siècle, pourquoi cette association ?  C'était obligatoire, j'avais envie de faire un parallèle avec les images anciennes et des photos qui montrent La Réunion d'aujourd'hui. C'était une évidence. En comparant les époques on constate une évolution sociologique. Sur les clichés des années 50-60, on voit beaucoup de gens à pied dans la rue. Maintenant, tout le monde a une voiture. Cette perspective donne à voir l’évolution des hauts.   Vous êtes très engagé dans votre démarche artistique, Dann'Somin : sous le soleil, l'exclusion ou encore les Chagos face à l'injustice... les questions d'inégalités et les problèmes sociaux issus entre autres du colonialisme vous touchent beaucoup. Qu'est ce qui vous a poussé dans cette voie ? J’ai exercé pendant longtemps le métier de travailleur social. J’aimais énormément ce que je faisais mais je passais mon temps dans les dossiers au lieu d’être en contact avec les gens. J’estime que le contact avec les personnes en difficultés est primordial. C’est pour cela que j’ai choisi la photo parce que je retrouve ce côté humain que je n’avais plus. Je suis photographe depuis maintenant sept ans. Je travaille avec la fondation Abbé Pierre mais je ne me considère pas pour autant comme un artiste engagé. Mes photos doivent simplement montrer la réalité.     Les ateliers "Plan Mercredi" au musée Léon Dierx, exposition temporaire Les hauts de l'île (ouverture dans une nouvelle page internet)       Version texte de la vidéo Le musée Léon Dierx inaugure sa nouvelle exposition temporaire intitulée les Hauts de l’île. Le photographe Morgan FACHE, expose ses clichés qui sont la restitution d’une résidence d’artiste : patrimoine et création qui aura durée 6 mois. Le temps pour ce photographe d’aller à la rencontre des territoires reculés de La Réunion et de sa population.   Morgan FACHE Photographe « C’est un peu la représentation de ce projet, c’est d’aller à la rencontre sans vraiment savoir où je vais. Et de rencontrer des gens qui font l’histoire de leur village, l’histoire de leur commune des Hauts et pourtant qui sont, peut-être aussi, dans leur commune des anonymes. Mais qui en même temps ont construit un patrimoine qui est leur identité. Simone, par exemple, c’est quelqu’un qui connait son histoire, qui a grandi à Grand-Coude. »   Ces paysages, ces portraits réalisés en argentique, montrent les facettes et les visages des Hauts de l’île. Cette série d’images vient compléter, dans cette exposition, un ensemble de photographies originales datant des années 50 et 60. Une perspective entre le passé et le présent.   Bernard LEVENEUR Directeur du Musée Léon Dierx « Ces documents anciens présentent une image un peu idyllique, une vision à un temps donné d’une Réunion des années 50-60, d’une vision des Hauts qui correspond à un temps donné. Et c’est intéressant justement de montrer ce parallèle, ce dialogue. Comment on peut instaurer un dialogue finalement entre cette vision ancienne, y a 50-60 ans et une vision aujourd’hui faite par un photographe en 2019 qui a décidé de témoigner en fait de ces hauts de l’’île, avec son regard qui est un regard d’un jeune contemporain sur les hauts de l’île. »   Les curieux auront jusqu’au 5 Avril prochain pour découvrir cette exposition et voyager dans le cœur des hauts de l’île. musée Léon Dierx CDR admin@extension-interactive.com Indian/Reunion public
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Présentation

Les Hauts d'une île, photographies de Morgan Fache.

Résidence patrimoine et création #2

 

Commissaires de l'exposition : 

  • Nathalie Gonthier
  • Bernard Leveneur, conservateur du patrimoine, directeur du musée Léon Dierx

 

 

Version textuelle de la vidéo

 

Infos pratiques

  • Exposition ouverte du 8 novembre 2019 au 5 avril 2020
  • Adresse : 28 rue de Paris (accès personnes handicapées par la rue Sainte-Marie)
  • Téléphone : 02 62 20 24 82
  • Adresse e-mail : musee.dierx@cg974.fr
  • Page Facebook : Musée Léon Dierx - officiel
  • Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 17h30, y compris les jours fériés sauf le 1er mai
  • Tarif normal : 2 € / Tarif réduit : 1 € (3ème âge – Groupe de 10 personnes sur réservation) /Gratuité pour : Jeune Public (-18 ans), groupe scolaires, étudiants, bénéficiaires de la CMU, Personnes handicapées, membres d’organisation nationale ou internationale oeuvrant dans le domaine des musées ICOM, OCIM, UNESCO, association des personnes en formation, PASS Loisirs, presse, autres…
    Gratuit le premier dimanche de chaque mois

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Pour en savoir +

Des « marrons » aux premiers habitants des cirques devenus un peu plus tard « les yabs des hauts », qui sont ces habitants qui vivent dans ces parties reculées de notre île ? C’est la question que s’est posée le photographe Morgan Fache. Et une partie des réponses se trouve dans cette série de portraits de personnes anonymes exposée au Musée Léon Dierx. Des visages qui portent en eux toute l’histoire d’un quartier, d’une ville, d’une île… Le sujet d’exploration de sa résidence d’artiste a ainsi mené le photographe dans les quartiers les plus reculés de La Réunion. Du Brûlé à Saint-Denis, à Grand Coude ou encore à Saint-Joseph, en passant par la Plaine des Cafres, Morgan Fache montre ces territoires à travers le regard de ses habitants. Une démarche culturelle et sociale pour cet artiste qui a choisi la Réunion comme terre d’exploration. Le vernissage et la restitution de sa résidence d’artistes ont été l’occasion pour ces anonymes de découvrir leurs portraits et surtout pour certains, d’entrer pour la première fois dans un musée.

 

Vous avez choisi de raconter "La Réunion vue d'en haut" en quoi ce regard photographique peut-il nous éclairer sur l'histoire du marronnage et des premiers  « yabs » des hauts ?

Le terme "marron" utilisé pour les esclaves qui s’enfuyaient dans les hauts de l’île a forcément un rapport avec l'imaginaire qui existe à propos des habitants des hauts. Je voulais montrer le regard que les Réunionnais qui habitent sur la côte, leur porte. Ces « yabs » comme on les appelle sont très attachés à leur territoire. Leur culture est pérenne dans le temps, ils conservent leurs traditions. Même si dans les bas on observe aussi cette préservation, elle est beaucoup plus forte dans ces territoires reculés. On rencontre même des jeunes qui ne veulent pas descendre dans les bas.

 

Des portraits d'anonymes qui à travers leur histoire racontent la grande histoire de l'île. Ces portraits représentent des rencontres mais beaucoup plus pour vous ?

C'était vraiment mon idée de départ. Quand j’ai découvert le corpus d'images de la collection historique qui compose aussi cette exposition, j’ai tout de suite compris que c’était dans cette direction que je souhaitais aller. Je voulais montrer ce territoire, un territoire que j'habite quand je suis à la Réunion. J'avais envie de le découvrir à travers l’objectif de mon appareil photo. J’y suis allé un peu au hasard même si je savais ce que je voulais faire et au fil des rencontres les rapports ont évolué, la confiance s’est installée.

Il y a vraiment des particularités... Quand on habite à la Réunion, il y a une identité qui est propre à chaque lieu. Cette résidence m’a permis de pousser encore plus loin cette vision. En plus j’ai choisi de travailler en argentique donc je ne pouvais pas voir instantanément mes photos. Je ne les ai découvertes qu’au moment du tirage.

 

Vous avez photographié mais vous avez aussi associé des enfants, des adolescents à votre travail, ce partage a eu quelle résonance ?

En fait j'ai l'habitude de faire des ateliers. Cela peut durer plusieurs mois, plusieurs semaines. Là, j'avais envie de laisser  les enfants libres dans leur démarche. Je leur ai donné un appareil photo jetable argentique. Moi j'avais un sujet, je savais où j'allais. Je voulais explorer les frontières du territoire. J'avais envie d'associer les enfants pour qu’ils montrent « leur » quartier.

 

Des visages d'aujourd'hui pour une expo qui cohabite avec la Réunion du milieu du XXème siècle, pourquoi cette association ? 

C'était obligatoire, j'avais envie de faire un parallèle avec les images anciennes et des photos qui montrent La Réunion d'aujourd'hui. C'était une évidence. En comparant les époques on constate une évolution sociologique. Sur les clichés des années 50-60, on voit beaucoup de gens à pied dans la rue. Maintenant, tout le monde a une voiture. Cette perspective donne à voir l’évolution des hauts.

 

Vous êtes très engagé dans votre démarche artistique, Dann'Somin : sous le soleil, l'exclusion ou encore les Chagos face à l'injustice... les questions d'inégalités et les problèmes sociaux issus entre autres du colonialisme vous touchent beaucoup. Qu'est ce qui vous a poussé dans cette voie ?

J’ai exercé pendant longtemps le métier de travailleur social. J’aimais énormément ce que je faisais mais je passais mon temps dans les dossiers au lieu d’être en contact avec les gens. J’estime que le contact avec les personnes en difficultés est primordial. C’est pour cela que j’ai choisi la photo parce que je retrouve ce côté humain que je n’avais plus. Je suis photographe depuis maintenant sept ans. Je travaille avec la fondation Abbé Pierre mais je ne me considère pas pour autant comme un artiste engagé. Mes photos doivent simplement montrer la réalité.  

 

Les ateliers "Plan Mercredi" au musée Léon Dierx, exposition temporaire Les hauts de l'île (ouverture dans une nouvelle page internet)

 

 

 

Version texte de la vidéo

Le musée Léon Dierx inaugure sa nouvelle exposition temporaire intitulée les Hauts de l’île.

Le photographe Morgan FACHE, expose ses clichés qui sont la restitution d’une résidence d’artiste : patrimoine et création qui aura durée 6 mois.

Le temps pour ce photographe d’aller à la rencontre des territoires reculés de La Réunion et de sa population.

 

Morgan FACHE Photographe

« C’est un peu la représentation de ce projet, c’est d’aller à la rencontre sans vraiment savoir où je vais. Et de rencontrer des gens qui font l’histoire de leur village, l’histoire de leur commune des Hauts et pourtant qui sont, peut-être aussi, dans leur commune des anonymes. Mais qui en même temps ont construit un patrimoine qui est leur identité.

Simone, par exemple, c’est quelqu’un qui connait son histoire, qui a grandi à Grand-Coude. »

 

Ces paysages, ces portraits réalisés en argentique, montrent les facettes et les visages des Hauts de l’île. Cette série d’images vient compléter, dans cette exposition, un ensemble de photographies originales datant des années 50 et 60. Une perspective entre le passé et le présent.

 

Bernard LEVENEUR Directeur du Musée Léon Dierx

« Ces documents anciens présentent une image un peu idyllique, une vision à un temps donné d’une Réunion des années 50-60, d’une vision des Hauts qui correspond à un temps donné. Et c’est intéressant justement de montrer ce parallèle, ce dialogue. Comment on peut instaurer un dialogue finalement entre cette vision ancienne, y a 50-60 ans et une vision aujourd’hui faite par un photographe en 2019 qui a décidé de témoigner en fait de ces hauts de l’’île, avec son regard qui est un regard d’un jeune contemporain sur les hauts de l’île. »

 

Les curieux auront jusqu’au 5 Avril prochain pour découvrir cette exposition et voyager dans le cœur des hauts de l’île.

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