KILLT – Ki Lira Le Texte :
Mettre le créole et le français sur le même pied d’égalité : telle est l’ambition du projet KILLT – Ki Lira Le Texte, décliné à La Réunion par le Département, la Cité internationale de la langue française, les Téat Départementaux, Les Bambous, Le Séchoir et Luc Donat. Les premières représentations, en direction des collégiens, se sont déroulées ce mardi 19 mai aux Archives départementales de La Réunion.
Dans un cercle, des collégiens avancent guidés par la comédienne Camille Kolski. Chacun leur tour, ils prennent la parole en français et en créole, donnant vie au texte à travers la voix, le mouvement et l’expression collective. KILLT est un dispositif hybride, à la fois théâtral, déambulatoire et participatif, imaginé pour transmettre le plaisir des mots et le goût de la lecture.
Le projet, conçu par le metteur en scène Olivier Letellier, repose sur une immersion physique dans le texte.
« Aujourd’hui, nous voulons transmettre ce dispositif à La Réunion, le traduire et le réinventer avec les voix, les rythmes, les langues et les acteurs de ce territoire », explique-t-il. La traduction et l’adaptation en créole ont été réalisées par Lolita Tergémina et Jean-Laurent Faubourg.
La pièce aborde des thèmes forts comme l’exil, la guerre, la perte, mais aussi l’amitié, la solidarité et la reconstruction. Pour Thierry Boyer, directeur du Téat, « la voix projetée crée des moments très intéressants et très touchants autour du travail de la lecture ».
Le Département a choisi d’accompagner ce projet pour sa dimension artistique, éducative et linguistique. Engagée dans le pacte linguistique, la collectivité souhaite valoriser le bilinguisme et les arts de la parole. « Ouvert aujourd’hui aux collégiens, le dispositif pourrait demain être proposé à d’autres publics, comme les seniors ou les jeunes de l’Académie des dalons », précise Catherine Chane-Kune, directrice de la culture au Département. Pour Lolita Tergémina, directrice du Centre dramatique national de l’océan Indien, cette création « affirme la légitimité du créole comme langue de création et de pensée » et montre que le bilinguisme peut rapprocher, unir et faire émerger de nouvelles voix.
Plusieurs représentations, réunissant d’autres collèges de l’île, sont prévues jusqu’au 22 mai.
